La ville du Cap en détresse! par Garry Muzeau

Mardi 10 octobre 2017 ((rezonodwes.com))– Ils sont, certes, légions les gens du Nord qui ne se sont guère souvenus qu’hier commémorait la mort du Roi bâtisseur Henri Christophe, le plus digne des chefs d’Etat qui eut à prendre en charge les destinées de la jeune nation fraîchement libérée des chaines de la servitude.




Que cette date soit passée sous silence dans le reste du pays est une preuve tangible de l’état de déchéance dans lequel le pays est réduit, nous le comprenons en nous référant aux attributs dont ce vaillant défenseur de notre race fut accablé par ses détracteurs de tout poil, mais que le Nord d’Haïti se soit associé à cette coterie, je vous le dis en vérité je perds mon latin. Or l’idéal Christophien tout aussi bien que l’idéal Dessalinien devraient être les socles sur lesquels se serait érigé l’édifice national.

Que nous soyons du nord, du sud, de l’ouest, du sud-est ou de la grande-anse tous les haïtiens qui se considèrent ou qui se disent encore haïtiens reconnaissent à l’unanimité que nous avons eu un passé glorieux dont les vestiges restent et demeurent notamment la bataille de Vertières dont les vaincus nient jusqu’à aujourd’hui l’existence et les châteaux, palais et fortifications que Christophe nous a légué, devant lesquels le monde entier demeure ébahi d’admiration et de respect.

Pour répéter un de ses admirateurs  » lui qui avait prévu l’oubli fit construire ces monuments parce qu’il savait qu’ils seraient moins périssables que son nom » Le 8 octobre 1820, il se suicida parce qu’il fut frappé de l’incapacité de veiller à la bonne marche de son royaume et que des collaborateurs commençaient à quitter le bateau qui prenait de l’eau. Il se donna la mort fort de la conviction que nul grand homme n’a le droit de survivre à sa gloire ( Source Maurice Etienne, Lakou Lakay Milot).

Ce pan de l’histoire relève du passé et ce passé nostalgique est mort et bien mort soit. Que cent quatre-vingt-dix-sept ans plus tard, la ville du Cap-Haïtien soit réduite dans cet état lamentable où l’eau ne coule plus dans les robinets, où les lots de détritus sont élevés au rang de pots de fleurs ornant fièrement les principales rues de la cité, que des rues principales soient fermées à la circulation, que des écoles publiques se trouvent dans l’impossibilité de dispenser




le pain de l’instruction alors que la cité est administrée par une mairie qui est censée veiller à sa santé physique et qu’en sus le premier citoyen de la ville est un personnage qui se passe de présentation, un personnage de bon commerce qui mérite le respect et la sympathie de la majorité des citoyens parce qu’il a dirigé et dirige encore avec compétence et dextérité une institution de niveau secondaire d’où est graduée une imposante fange de la population.

Oh ! fière cité du Cap-Haïtien, à quoi ressembles-tu aujourd’hui ? Tu n’es même plus un pale reflet d’antan. Qui peut se permettre de fredonner ce boléro qui nous faisait tant vibrer d’orgueil et de fierté. Si l’hymne national faisait tressaillir les capois, l’hymne présidentiel et Cité du Cap-Haïtien de l’orchestre Septentrional nous transportaient dans un autre univers hors du temps fait de son et d’harmonie telle une symphonie qu’on souhaiterait interminable.

La devise du royaume du Nord fut » Je renais de mes cendres » et je ne saurais admettre que la mairie du Cap soit dans l’incapacité de relever le défi de redorer le blason de la ville avec un citoyen tel que Jean-Claude Mondésir à sa tête. La situation est catastrophique mais elle n’est pas désespérée.




Il suffit tout simplement de mettre en pratique les règles qui ont toujours régi votre propre vie : la rigueur dans l’administration que vous dirigez, la discipline dont vous avez toujours fait preuve, la volonté d’engagement et de changement et enfin votre amour déclaré de la beauté et de la grandeur.

Alors, cher magistrat, au travail et bonne besogne

Garry Muzeau
garry@toursinhaiti.com
www.toursinhaiti.com

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