Audio – De Castro à Diaz-Canel : continuité à Cuba ; la ligne politique ne change pas

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Le huitième congrès du Parti communiste cubain s’est achevé comme prévu sur le départ de Raul Castro et l’élection de Miguel Diaz-Canel à la tête du parti unique qui dirige Cuba depuis 1959. Malgré un changement de personnes, la ligne politique, elle, ne change pas.

Mercredi 21 avril 2021 ((rezonodwes.com))–

À l’issue de quatre jours de congrès, les délégués du Parti communiste cubain ont élu à leur tête Miguel Diaz-Canel, déjà président de la République. Cet ingénieur de 60 ans concentre donc maintenant entre ses mains les mêmes pouvoirs dont disposaient Raul Castro, qui a pris sa retraite à l’âge de 89 ans, et Fidel Castro avant lui. Pour Cuba, c’est la fin d’une ère née avec la révolution en 1959. Pour la première fois depuis plus de soixante ans, ce n’est pas un des frères Castro qui dirige l’île. Mais, selon les observateurs, c’est bien là la seule différence.

«Normalement, cela ne porte aucun changement car il y a une ligne continue depuis une trentaine d’années,» estime Christian Girault, chercheur au CNRS, spécialiste des Caraïbes. «Le pouvoir cubain veut montrer une certaine stabilité et continuité» poursuit-il. Le bureau politique demeure quasiment inchangé, «avec les vieux dirigeants qui étaient avec les frères Castro,» et «on ne peut pas être sûr que Diaz-Canel ait l’appui des cadres du parti». Le nouveau secrétaire n’aurait donc pas de toute façon les moyens d’imposer une éventuelle nouvelle ligne au PCC.

Population cubaine lassée

En ce qui concerne le soutien populaire, là encore, Diaz-Canel ne semble pas suscité l’enthousiasme au sein des Cubains «assez fatigués par les privations qu’ils ont subi depuis très longtemps», constate le chercheur. Le rationnement des denrées alimentaires, le manque de devises indispensables à une grande partie de la population pour acheter les biens de première nécessité, entretiennent «le mécontentement» populaire.

Si la ligne politique – maintien de la mainmise du Parti communiste sur le gouvernement et la société – reste inchangée, si la ligne économique n’évolue pas, la ligne diplomatique pourrait, elle, évoluer à la faveur du retrait de Raul Castro et de l’arrivée à la Maison Blanche de Joe Biden. «Il y a un grand espoir d’un retour des relations qu’il y avait du temps de Barack Obama» reconnait Christian Girault, «avec annulation des sanctions et allégement de l’embargo», mais aussi retour des touristes américains et augmentation du plafond des transferts d’argent autorisés de la diaspora cubaine vers Cuba.

Entretien réalisé par Xavier Sartre de Vatican News avec Christian Girault, spécialiste de Cuba:

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