Le 18 novembre 1803, Vertières devait marquer avec succès la fin de l’expédition de St-Domingue pour toujours, mais hélas !

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Tout reste au stade de discours. Nous avions tellement défié le temps, qu’il est difficile maintenant de le rattraper. Nous mentons à nos mandants, à nous-mêmes, sans la moindre culture d’avoir honte.

Ainsi se termina le 18 novembre 1803, l’expédition de Saint-Domingue débutée le 6 février 1802, dans laquelle la France perdit cinquante et quelques mille de ses plus intrépides enfants, tant par le fer des combats, des baïonnettes de l’armée indigène que par les ravages de la fièvre  jaune, et plus de cent millions de francs. Une somme réclamée d’Haïti en 1825 que Boyer, un faux nationaliste comme il en existe de nombreux de nos jours, avec des discours pompeux, creux et mensongers, accepta de payer.

La guerre de l’Indépendance d’Haïti, 18 novembre 1803.

Lundi 18 novembre 2019, Jour de Vertières ((rezonodwes.com)).-Au prime abord, il est important de signaler qu’Haïti a perdu toute trace des soldats de l’armée indigène quelque temps après 1915, à la rédaction et la promulgation d’une Constitution permettant pour la première fois depuis 1804, aux étrangers de posséder des terres dans le pays.

Les embryons des forces armées d’Haïti dont le président contesté Jovenel Moise fait aujourd’hui les éloges, à leur création, par le président importé Sudre Dartiguenave, avaient pour mission essentielle le renforcement et la perpétuation de l’Occupation américaine par la soumission forcée des haïtiens. Ainsi, étaient-elles devenues les nouveaux commandeurs noirs. Nèg kont nèg.

Aujourd’hui, que personne ne vienne associer les actes posés par ces bandes armées qui n’ont jamais livré un seul combat à l’ennemi depuis 1849, autre qu’à ses frères haïtiens désarmés, jusqu’à oser établir des parallèles avec l’épopée de la glorieuse et longue journée du 18 novembre 1803.

Les défilés auxquels nous avions eu vent du déroulement, si on peut les appeler ainsi, sur la pelouse du palais national délabré, image d’un pays figé par la corruption, en ce jour ramenant le 216ème anniversaire de l’épopée de Vertières, n’ont absolument rien à voir avec l’esprit de dévouement et de combattant d’un soldat formé à l’école tactique de Dessalines et entraîné sur le champ de bataille jusqu’à arriver à vaincre la plus puissante armée du début du 19ème siècle. Pour conduire Haïti à l’Indépendance née du résultat positif de cette bataille décisive à Vertières, il faudrait être animé d’un haut degré de patriotisme. Un point d’honneur qui nous fait presque tous défaut. Le pire est constaté quand les dirigeants haïtiens font de l’étranger leur porte-parole pour intimider leurs propres concitoyens avec des messages persuasifs.

Haïti, cette ancienne colonie française avait conquis à Vertières par la bravoure de ses soldats plus que la liberté de ses enfants. Elle avait conquis son indépendance politique, et allait donner au monde, au milieu d’un océan semé partout d’États à esclaves, le spectacle majestueux de la fondation d’une nationalité par cette même race noire partout ailleurs opprimée. Ces enfants en sont aujourd’hui les oppresseurs par souci de bien s’assurer des « repartiminientos« .

Cette journée du 18 novembre 1803, nous l’avions payée si cher malgré tout, la leçon n’est pas bien apprise. Il suffit de nous questionner sur notre comportement cavalier affiché en ces temps-ci. Des fois, on se demande, serions-nous capables de réaliser Vertières s’il n’avait pas eu lieu. Quand la dernière fois avions-nous donné une preuve de sa reconstitution ? Jamais ! Il suffit de regarder autour de nous pour comprendre notre volonté manifeste d’engloutir la Nation en faisant de notre « armée », la protectrice d’un clan. Tout le contraire de l’esprit de Vertières, pour nous répéter qui reste jusqu’à présent la plus grande bataille que l’ haïtien a livrée à l’étranger.

Les autres combats devant compléter celui de Vertières, n’ont jamais été livrés. Nous vivons toujours au temps passé dans le présent.

Nous avons toujours refusé de combattre la corruption, le crime d’Etat, l’impunité, les malversations. Tout reste au stade de discours. Nous ignorons le droit à la santé pour tous, le droit pour tout citoyen de mener une vie décente en lui facilitant l’accès au pain de l’instruction et l‘exploration et la conquête d’un espace propice à l’évolution de l’être humain. Nous faisons toujours le contraire de ce qui parait le mieux et se pratiquant ailleurs. Nous avions tellement défié le temps, qu’il est difficile maintenant de le rattraper. Nous mentons à nos mandants, à nous-mêmes.

Vertières n’a pas vu le jour le 18 novembre 1803, il était la dernière poche de résistance des français délogés partout par l’armée indigène. Les Français ne possédaient plus dans la colonie que la ville du Cap, le bourg de Bombarde et le Môle-Saint-Nicolas. Port-de-Paix et Fort-Liberté avaient succombé. Les Cayes venaient aussi de se soumettre à Geffrard. Cette tactique militaire de Dessalines lui a valu le titre de commandement des troupes indigènes pour mener à bien les opérations et nous conduire à l’Indépendance, malheureusement aujourd’hui hypothéquée. Le plus triste, dans tout cela, c’est que nous ne sommes pas les seuls à ne pas être du même avis que les fossoyeurs de la patrie retrouvés partout, notamment aux plus hautes commandes de l’appareil de l’Etat.

Il semble hélas que tout soit à recommencer à zéro et sans démagogie.

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