Moïse, un même nom, mais deux missions antagoniques

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Le bon Moïse se sacrifia pour son peuple ; travailla à le sortir des griffes du démon, d’une dynastie de plus de quatre siècles, pour le conduire à la terre promise. Le mauvais sacrifie son propre peuple, l’humilie, le détruit et s’en fout de ses son bien-être, sa sécurité, sa paix, son bonheur et transforme les 27 750 km carrés en une véritable terre maudite.

Jeudi 26 septembre 2019 ((rezonodwes.com))– Deux noms identiques ; mais, deux visions, deux missions contradictoires et donc deux destinations diamétralement opposées. Le Moïse philanthrope accomplissait les œuvres de Dieu en libérant son peuple de l’esclavage et de la servitude ; le vilain, progéniture authentique d’un régime politique kwashiorkor, inculte et cupide, exécute des missions démoniaques et maintient ses habitants dans la crasse, la discorde, l’injustice, l’instabilité, l’insalubrité, l’insécurité et la misère abjecte.

L’humanité retiendra qu’un Moïse a été assigné la noble feuille de route de  délivrer son peuple meurtri et putréfié par la dynastie séculaire des Pharaons d’Egypte. Dans sa sensibilité, son sens de justice et son cœur magnanime, l’hébreu se dépouilla de son luxe Pharaonique, ses aisances, son confort, ses pouvoirs, ses positions aristocratiques et prestigieuses pour aller retrouver les siens dans la boue, embrasser les causes des plus faibles, des démunis, des vulnérables. Le luxe, la bulle officielle, la climatisation, les défilés des jeunes filles pendant les diners et les soupers dispendieux n’aveuglaient plus le Moïse salvateur qui détint des termes de références judicieux pour s’immortaliser dans le panthéon de l’histoire des héros de l’humanité.

À l’autre bout de la planète, un autre Moïse, un sadique, un insouciant, un insensible fait exactement l’inverse. Il maintient son peuple dans la pauvreté, la honte, l’indécence et l’indignité. Il se conforte dans des exhibitions, des vanités, les gaspillages des ressources publiques, des dépenses onéreuses, au frais de la princesse. Dans le cortège de ce Moïse mégalomane, on ne compte pas moins de quinze (15) véhicules au coût unitaire exorbitant. Ce mauvais Moïse, trahi par ses propres impostures et ses mensonges multicolores, ne peut respirer que l’oxygène procuré par ses climatisations officielles. L’ingénieur en plantation de bananes serait impliqué dans des crimes de lèse-patrie, de graves corruptions, des connivences avec des bandits et des complicités dans des massacres et des assassinats de sa propre population.

A Carrefour-Feuilles, à La Saline, des bras et des cerveaux déviants, travaillant pour le mauvais Moïse, sont épinglés dans le deuil des dizaines de familles qui ont vu leurs mères, leurs pères et leurs enfants massacrés froidement par des bandits. La violation des espaces sacrés du pays par sept mercenaires lourdement armés, foulant l’Aéroport, puis le sol national, pour exécuter des missions lucifériennes, mais capturés par la PNH, puis relâchés sans aucune forme de jugement par la justice haïtienne,  constitue une comédie sans précédent dans l’histoire de cette nation, dite indépendante. Ces multiples dossiers, inscrits dans le cahier de charges des motifs valables pour la mise en accusation de l’irresponsable au pouvoir exécutif, ne devraient plus être importants par rapport aux frustrations et aux soulèvements populaires des petrochallengers.

Un Moïse porte-bonheur versus un Moïse porte-malheur

Le Moïse de l’Israël apparaissait injustement dans un procès parce qu’il ne voulait plus tolérer les pratiques iniques et barbares des Pharaons qui fouettaient, punissaient, maltraitaient et tuaient, à volonté, d’autres humains qui leur construisaient des maisons luxueuses, de merveilleux édifices et des châteaux pour établir et maintenir leur suprématie mondiale. Au cours de son vécu auprès des Pharaons, l’auguste Moïse proposa de changer de paradigme en tenant auprès des siens, le juste plaidoyer de nourrir convenablement les esclaves, de ne plus les fouetter. Car, il avait compris que cela consisterait en un jeu gagnant-gagnant dans la mesure où l’être bien nourri serait plus productif, plus compétitif et plus performant dans l’accomplissement de ses attributions. Un véritable courant de pensée économique convaincant et persuasif, avant la lettre, dont des actuels économistes du développement en font aujourd’hui leur cheval de bataille pour soutenir avec justesse des thèses de recherche d’efficience et d’optimalité.

Le Moïse corrompu, issu du sang politique infect, tient le peuple dans l’esclavage, dans de vaines promesses, des programmes bidon et des projets creux. Une caravane de gaspillages, de télescopages systématiques avec les institutions publiques et des impostures dans des vedettariats dans les petits écrans, des slogans et des effets d’annonce, comme si la campagne présidentielle continuait son petit bonhomme de chemin, après plus de deux ans de son investiture comme président sélectionné d’un scrutin vicié, douteux et non représentatif de la population en droit de voter.

Depuis l’avènement de ce Moïse à la Maison Blanche maculée, la paix ne règne jamais au sein des familles haïtiennes, les tensions politiques s’amplifient, les indicateurs économiques ont atteint des niveaux records, le taux d’inflation avoisine 20%, le taux de change est quasiment à 100 gourdes pour un dollar, la contrebande prend du terrain, les déficits de la balance commerciale s’élargissent. Les régions du pays sont empoisonnées avec des armes et des munitions, entre les mains de jeunes garçons et des enfants transformés en des criminels notoires. Les étudiantes et les jeunes filles sont constamment violées, les commerçants kidnappés, les jeunes professionnels assassinés, les  écoles fermées. La force vive du pays se décrépit ; même des professeurs, des entrepreneurs et des sportifs font la queue dans des consulats pour s’enfuir au Chili et au Brésil. Avec Jovenel Moïse, Haïti est devenue un véritable enfer sur terre.

Une mission divine face à une mission satanique

Le Moïse inspiré de Dieu, celui de l’Israël, vieillissait en prenant de la maturité dans l’humilité, dans des communications intenses avec Dieu, jusqu’à recevoir des écritures sacrées pour présenter, à l’époque, aux enfants d’Israël, les lignes directrices, les disciplines et les principes de vie, selon le vœu de notre Créateur. Il fit des miracles, donna à manger à son peuple. Au moment opportun, il sut désigner de nouveaux leaders pour assurer la relève. Dans le désert, devant la mer rouge, à la maison des Pharaons, le libérateur sut obéir à Dieu et utilisa avec dextérité les moyens à sa disposition pour nourrir, épargner et sauver son peuple des fléaux meurtriers.

L’autre Moïse, le sans vergogne, fait des désastres dans le trésor public, dans le social, le politique et l’économique. Il promet en vain de mettre de l’argent dans les proches et de la nourriture dans les assiettes. Pendant plus de deux ans, les poches de la population sont logées par le diable, ses assiettes sont vides, sinon remplies de boue, résultant du mélange stupide de l’eau, du soleil et de la terre, occasionné par une caravane de corruption et de gabegies administratives.

Ce Moïse myope, sans vision ni leadership, l’imposteur, l’ingénieur diplômé de l’école de l’usurpation, fait usage de tergiversations, de manœuvres de diversions et de stratégies de procrastinations pour garder la population dans une souffrance et une misère indicibles, pendant des mois et des années. Il remplit son entourage familial et amical de bandits, de criminels et de dilapidateurs qui accomplissent le dessein du diable. Jours et nuits, ils dégainent en série et en parallèle, ils exécutent des policiers, des commerçants, des jeunes ; ils tuent leurs frères et leurs sœurs comme des cochons, comme des poules et des cabris destinés à l’abattoir.      

Le Moïse de l’Israël, le visionnaire et le libérateur, a cogité, chiadé, dressé des plans stratégiques, fendu la mer rouge pour offrir des alternatives efficaces à son peuple pour lui permettre de découvrir les sentiers du paradis. A défaut de ses facultés physiques et mentales pour aboutir à l’objectif fixé, le Moïse de l’antiquité et de l’éternité, a su choisir des experts, des hommes vertueux, de forte personnalité, pour leur déléguer la noble mission d’avancer dans le droit chemin. C’est par cette vision éclairée, alimentée par un sens de leadership et une vision de recherche de bien-être collectif, que le peuple d’Israël a pu sortir du joug de l’esclavage. L’humanité aurait beaucoup à apprendre et à gagner en appliquant les attitudes et les stratégies préconisées dans cette expérience de libération datant de plusieurs siècles.

Le Moïse Haïtien a tout manigancé pour offrir aux démons du sang frais des innocents, des jeunes garçons, des enfants, des jeunes étudiants, des professeurs, des policiers et de professionnels dont les cadavres jonchent quotidiennement le pavé. Des crimes calculés, planifiés, aléatoires et gratuits sont perpétrés, chaque jour, sur la population. Le deuil, la douleur, la tristesse, le désespoir, des films d’horreur et des monstruosités garnissent le menu offert par ce mauvais Moïse, sans science ni conscience.

Dans ses méandres, Haïti a bel et bien besoin d’un libérateur et d’un sauveur ; il semble  qu’un amalgame a été fait dans le nom du libérateur. En effet, le nom est neutre. Ce n’est pas parce qu’il s’appelle Moïse qu’il saura délivrer sa population de ses marasmes, ses pièges et ses détresses. De nombreux noms d’autres libérateurs sont composés de consonnes et de voyelles, bizarres d’ailleurs en référence à notre culture. Mais, ces personnalités ont eu des visions et des cœurs généreux pour faciliter le décollage et l’émergence de leur économie vers de meilleures trajectoires. Paul Kagame, Nelson Mandela, Fidel Castro sont bien des exemples de libérateurs de noms différents mais de cœurs semblables à celui du merveilleux Moïse de l’Israël.

Il est grand temps que le nom de ce Moïse soit rayé des institutions sacrées du pays ; que le nom de ce Moïse soit effacé de la mémoire du peuple Haïtien. Il est temps que les forces des ténèbres soient englouties afin de sécher les pleurs des enfants des rues, des mères, des pères de familles, des étudiants, des professionnels désespérés, putréfiés par la peur, la misère et la méfiance occasionnés par ce régime inculte, conduit par de faux leaders.

Carly Dollin
carlydollin@gmail.com

2 COMMENTS

  1.  » pratiques iniques et barbares des Pharaons qui fouettaient, punissaient, maltraitaient et tuaient, à volonté, d’autres humains qui leur construisaient des maisons luxueuses, de merveilleux édifices et des châteaux pour établir et maintenir leur suprématie mondiale. »
    Faux, archi faux, tous ces racontars inventés par une bande de fabulateurs incultes et ingrats que nos ancêtres ont accueillis, nourris et surtout civilisés sur leur sol. Aucune trace archéologique n’existe de ces fake news bibliques, à l’origine de nos malheurs depuis 3000 ans: racisme, esclavage, (néo) colonialisme.

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