Parlement : des élus reçoivent des millions pour des bureaux inexistants

Dans le cadre de ses efforts visant la promotion de la transparence parlementaire et d’une meilleure performance du Parlement haïtien, l’Observatoire Citoyen pour l’Institutionnalisation de la Démocratie (OCID) vient de conduire une enquête de terrain pour esquisser un profil des bureaux des parlementaires en circonscriptions et dans les départements. Premier constat : globalement, un tiers de ces bureaux n’ont pas pu être repérés et 21% ne sont pas opérationnels

Samedi 13 avril 2019 ((rezonodwes.com))– L’OCID (Observatoire citoyen pour l’Institutionnalisation de la Démocratie) a révélé que seulement 57 bureaux de députés ont pu être repérés dans les 119 circonscriptions par ses enquêteurs, alors que dans le budget de la République, des millions de gourdes ont été réservées pour cette rubrique.

De plus, a mis en exergue l’OCID, uniquement 45 bureaux étaient opérationnels au moment de l’enquête conduite par cette organisation qui se penche depuis quelques temps sur le fonctionnement du parlement.

L’étude réalisée du 15 au 25 Mars 2019 concerne 83 circonscriptions parmi les 119 et met en lumière l’existence des bureaux de ces élus dans leurs fiefs respectifs. Les conclusions de l’enquête questionnent la représentativité de ces élus dans une logique de transparence et de reddition de comptes.

Les chiffres laissent transpirer une certaine opacité dans la représentativité des législateurs liée à la présence de bureaux de doléances dans leurs circonscriptions ou départements respectifs. L’enquête instruite par l’OCID s’inscrit également dans une logique de transparence et de reddition de comptes.

‘’Sur 116 circonscriptions représentées au Parlement, 83 d’entre elles ont été repérées. 57 bureaux de Députés ont pu être repérés sur les 83 visés (environ 69%). 45 bureaux sont opérationnels (79% des 57 bureaux repérés).

Sur 29 bureaux de Sénateurs visés 19 ont pu être repérés (environ 65%), dont 15 sont fonctionnels (79% des 19 bureaux repérés)’’a précisé Abdonel Doudou, Président du Centre Jurimédia.

Une tendance à fuir les mandants ?

Les données collectées font état de fonctionnement instable de certains bureaux de parlementaires. La recherche réalisée par des enquêteurs de l’OCID déployés sur le territoire et disposés d’un questionnaire administré à des maires, des délégués de ville, des membres connus de campagne des parlementaires. Les résultats sont révélateurs d’un système contrastant avec les normes établies.

‘’84% des bureaux opérationnels des Députés fonctionnent durant les 5 jours ouvrables de la semaine, tandis que les 15 bureaux opérationnels des Sénateurs fonctionnent 5 jours sur 5. Sur les 45 bureaux opérationnels des Députés, 31 disposent d’un registre de visiteurs contre 12 sur 15 pour les bureaux des Sénateurs’’ détaille Abdonel Doudou.

Recommandations aux Commissions Éthique et Anti-Corruption

Préparation par le Parlement d’un guide de fonctionnement des bureaux des parlementaires, institutionnaliser d’un mécanisme de contrôle transparent des ressources mises à la disposition des parlementaires pour le fonctionnement de leur bureau, élaboration d’un inventaire des matériels procurés, des services offerts figurent par les recommandations adressées par l’OCID.

Sans citer les noms des élus épinglés par le rapport, l’organisation de la société civile recommande la mise en branle de la Commission Anti-Corruption des deux branches du Parlement pour faire la lumière sur l’utilisation douteuse des fonds destinés aux législateurs pour organiser leurs bureaux.

Hervé Noël
vevenoel@gmail.com

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