Un pays et ses habitants livrés à eux-mêmes

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Mercredi 5 décembre 2018 ((reznodwes.com))– Les soubresauts d’une volaille égorgée sont généralement liés au relâchement graduel de ses nerfs. Il n’est en effet pas rare de voir des poules continuer à marcher après avoir été décapitées. Comme une poule sans tête, victime de spasmes ,ainsi va le pays. Sans gouvernail, sans objectif et sans vision, naviguant vers l’inconnu, les yeux bandés, le pays survit encore avec des dirigeants improvisant toujours à rabais à la tête d’un peuple qui ne sait plus à quel saint se vouer.




Rien de ponctuel et de consistant pour assouvir sa faim, rien pour combattre la misère dans laquelle il se débat, rien pour susciter l’espoir de lendemain meilleurs, rien pour activer sa fierté, rien pour fouetter son orgueil, rien pour réveiller son ambition. Au constat de la réalité, son quotidien permanent qui s’est converti en sa nouvelle condition de vie constituée de voisinage constant de détritus, de cadavres, de boue, de négation de propreté, de refus de justice, l’haïtien qui a connu mieux dans son pays et qui aspire à mieux de ce qu’il a connu n’est-il pas tenté d’abonder dans le même sens que Edgar Quinet lorsque celui-ci affirme: “Le véritable exil n’est pas d’être arraché de son pays: c’est d’y vivre et de n’y plus rien trouver de ce qui le faisait aimer”. Dépit et dégoût voilà les sentiments qu’inspirent les actions des hommes de ce pays tant au point de vue politique qu’économique.

On aura beau chercher les tenants et aboutissants de ce phénomène au sein de la société haïtienne on ne trouvera que dalle si l’on s’évertue à appuyer l’analyse sur des causes conjoncturelles. Il nous faut dépasser ce cadre et accepter que cette réalité n’est pas apparue de maniere spontanee mais s’est imposée de manière insidieuse après avoir rongé l’un à la suite de l’autre tous les pans de notre structure organisationnelle: la famille, l’éducation et l’éducation surtout, notre culture religieuse, notre potentiel culturel, nos rapports interpersonnels, notre système de santé.

De ces piliers de base tout a disparu sans que l’on s’en rende compte si ce n’est que le réveil cauchemardesque que nous connaissons aujourd’hui caractérisé notamment par l’incapacité de réfléchir et de produire des élites dirigeantes, l’impuissance des masses vulnérables à canaliser leurs luttes de manière coordonnée, la volonté inébranlable de la classe possédante à maintenir le statu quo et. l’arrivée d’une équipe d’hommes conséquents, compétents et capables de modifier la donne qui refuse de se manifester. D’où l’impasse dans laquelle se trouve le pays. S’il existait juste un tant soit peu de velléité de sortir la pays de ce chaos, combien de mesures vraiment prometteuses auraient pu etre adoptees. Le soleil, la terre et l’eau dont le président vantait tant les vertus naguère auraient dus être sollicités à bon escient.




La caravane de je ne sais quoi, le cheval de bataille que le président avait décidé d’enfourcher au lendemain de son ascension au pouvoir a pris de l’eau pour ne pas dire que cette alternative a coulé à pic puisqu’elle n’a pas accouché les fruits escomptés. Au cours de sa première version, le régime Tet Kale avait mis l’accent sur la promotion touristique. Ce fut, malgré toutes ses lacunes une heureuse initiative. L’eau, donc la mer, étant une constante de la formule salvatrice de l’actuel président aurait pu être exploitée et aurait favorisé l’épanouissement de l’industrie touristique dans le pays. Le ministère du tourisme existe en Haïti.

De la manière qu’il manifeste son existence on aurait tendance à le qualifier de ministère des affaires inutiles tant il est inopérant et a cours d’idées innovantes. Notre pays compte plusieurs sites historiques que l’on devrait mettre en valeur pour offrir une évasion de plus à la clientèle que nous recherchons: le touriste de masse. Aruba, Antigua St KItts and Nevis, St Martin, la République dominicaine, Cuba ont développé de splendides complexes hôteliers et aménagé des plages à couper le souffle pour accueillir leurs vacanciers à la recherche de la plage, de mets succulents, de récifs pour pratiquer le snorkeling, le divng, de musique exotique agrémentée de visite de quelques monuments historiques ou de grottes préhistoriques si possible, mais le but essentiel de leur déplacement reste et demeure la plage et ses attractions périphériques

Combien recevons-nous de touristes d’exploration par année? De tous les pays pourvoyeurs de touristes de masse, la Russie, l’Allemagne, l’Espagne, la Pologne, la France, la Hollande, le Danemark,le Canada, les Etats-Unis etc,, lequel n’est pas doté d’au moins un fort entouré d’histoire? La Citadelle est la preuve vivante que ceux qui ont forgé notre indépendance la voulaient pérenne et avaient pris des dispositions pour qu’il en soit ainsi.




Elle signifiait la volonté d’un ancien esclave promu à la dignité d’homme libre de prouver que son récent passé n’avait en rien altéré les rêves de grandeur qui animent tout être humain. Du haut du Bonnet-à- L’évêque elle se dresse encore majestueuse et vigilante. Mais le site qui mérite le plus de vénération en sa qualité de cimetière de l’oppression et berceau de la liberté pour tous les peuples de la terre naguère enchaînés reste et demeure Vertières.

Vertières dont nous payons le prix jusqu’à ce jour. Dirigeants de mon pays faire de Vertières un lieu de pèlerinage universel en hommage au théâtre de l’émancipation de l’homme noir serait le tribut dignement et honorablement payé à ce champ de bataille à nulle autre pareille dans l’histoire moderne de l’humanité.

Garry Muzeau
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