PORT-AU-PRINCE, 30 juillet (RN) – La libération des deux étudiantes haïtiennes retenues en Russie marque la fin d’une épreuve judiciaire. Leur retour, en revanche, ouvre un autre chapitre : celui d’un voyage exceptionnellement long pour regagner leur propre pays. Attendues au Cap-Haïtien le 28 juillet, elles demeurent en transit. Leur parcours les conduit de la Russie vers la Turquie, puis la Colombie, avant de poursuivre vers Cuba, les Bahamas et, enfin, le Cap-Haïtien. Sauf changement de dernière minute, leur arrivée n’interviendrait pas avant les premiers jours d’août.
Cet itinéraire dépasse le cadre d’un simple déplacement aérien. Il met en évidence les difficultés auxquelles les Haïtiens sont confrontés pour rentrer chez eux. Les correspondances multiples, l’absence de liaisons directes et les contraintes sécuritaires transforment un retour au pays en une succession d’étapes qui s’étendent sur plusieurs jours, parfois davantage.
La situation ne concerne pas uniquement les voyageurs venant d’Europe ou d’Asie. Des membres de la diaspora renoncent désormais à assister aux funérailles d’un proche ou à rejoindre leur famille dans des villes de province, notamment aux Gonaïves, parce que les risques liés aux déplacements terrestres et l’instabilité rendent ces voyages particulièrement difficiles. Revenir chez soi est devenu une décision qui se mesure autant en kilomètres qu’en incertitudes.
Le périple des deux étudiantes offre ainsi une image saisissante de l’Haïti de 2026. Pendant que les autorités multiplient les annonces sur les progrès réalisés et les projets d’avenir, la réalité quotidienne rappelle qu’accéder au territoire national demeure une opération complexe. Le trajet de Moscou au Cap-Haïtien ne raconte plus seulement le retour de deux étudiantes ; il reflète le parcours d’un peuple qui peine désormais à rejoindre son propre pays.

