15 juin 2026
M. Fils-Aimé va-t-il regagner Haïti sur la pointe des pieds, comme il l’avait quittée jeudi dernier ?
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M. Fils-Aimé va-t-il regagner Haïti sur la pointe des pieds, comme il l’avait quittée jeudi dernier ?

M. Fils-Aimé va-t-il regagner Haïti sur la pointe des pieds, comme il l’avait quittée jeudi dernier ?

Port-au-Prince — Le retour annoncé d’Alix Didier Fils-Aimé en Haïti pourrait-il se faire avec la même discrétion que son départ vers les États-Unis ? Le Premier ministre de transition, présenté par ses détracteurs comme un chef de gouvernement de doublure, reviendra-t-il sous les projecteurs, avec tapis rouge et apparition officielle, après son déplacement pour soutenir les Grenadiers ? Et surtout, une conférence de presse servirait-elle à raconter uniquement ses échanges de maillots, ses rencontres autour du Mondial et ses discussions avec des responsables municipaux américains ?

Car pendant que les caméras suivaient les gestes symboliques autour du football, une autre réalité frappait Port-au-Prince : James Boyard, haut gradé de la Police nationale d’Haïti et membre du cabinet du ministre de la Défense, restait aux mains de ravisseurs depuis jeudi. Selon des informations circulant autour du dossier, les kidnappeurs auraient exigé une rançon dépassant les 700 000 dollars américains pour sa libération ainsi que celle de membres de sa famille également retenus.

Le dossier Boyard remet au centre du débat la capacité réelle de l’État à restaurer l’autorité publique face aux groupes armés. Depuis plusieurs années, malgré les opérations annoncées, les changements de stratégie, les réunions sécuritaires et les visites officielles auprès des forces nationales et internationales, plusieurs chefs de gangs recherchés demeurent actifs et continuent d’imposer leurs conditions dans certaines zones du pays.

Alix Didier Fils-Aimé rentrera-t-il ce lundi avec des réponses concrètes sur la sécurité nationale ou avec un simple album souvenir de son passage auprès des Grenadiers ? À Port-au-Prince, Carrefour et Marchand-Dessalines, les citoyens n’attendent plus des slogans électoraux : ils demandent un État visible, présent, capable de reprendre la rue avant de prétendre reprendre les urnes.

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