Les jeux sont désormais faits. Le Conseil électoral provisoire vient de publier la liste officielle et définitive des groupements politiques agréés. Dix-sept groupements, regroupant 228 partis, sont validés. Parmi eux figure VIKTWA, qui compte plus de 50 formations politiques.
Avec cette publication, le mécanisme prévu par le décret électoral du 2 juin 2026 devient opérationnel et irréversible. Un groupement d’au moins 50 partis bénéficie d’une réduction de 75 % sur l’ensemble des frais d’inscription.
Concrètement, les élections du 13 décembre 2026 mettent en jeu :
1 président, 119 députés, 30 sénateurs, environ 146 conseils municipaux, et près de 571 CASEC et 571 ASEC.
Pour un parti non groupé comme Fanmi Lavalas , OPL ou EDE qui voudrait présenter un candidat ou un cartel sur chaque poste, le coût s’élève à plus de 104,8 millions de gourdes (2 000 000 pour la présidence, 800 000 par sénateur, 300 000 par député, 100 000 par cartel municipal, 25 000 par CASEC ou ASEC).
Pour VIKTWA, grâce à la réduction de 75 %, ce même exercice revient à environ 26,2 millions de gourdes. Une différence de près de 80 millions de gourdes. Un avantage structurel, massif et désormais officialisé.
Ce système n’est pas né du hasard. Il est l’œuvre du décret pris sous le gouvernement d’Alix Didier Fils-Aimé. Et ce décret a été rédigé, adopté et appliqué sous l’œil et avec la complicité active de Fanmi Lavalas, de l’OPL et d’EDE.
Ces trois partis ont tenu l’échelle.
Ils ont gardé le silence total pendant que le décret était préparé. Ils n’ont pas protesté contre un barème qui asphyxie les partis isolés et offre une autoroute financière aux grandes coalitions. Ils ont laissé Fils-Aimé toute liberté de façonner les règles du jeu au profit de la coalition dominée par le PHTK, l’oligarchie et leurs alliés. En échange de quoi ? Quelques miettes de pouvoir, quelques postes, quelques places à la table de la transition.
Aujourd’hui que le CEP a publié la liste officielle, l’avantage est gravé dans le marbre. VIKTWA et les groupements de taille comparable partent avec un boulevard. Les partis historiques qui ont choisi de rester hors de ces assemblages se retrouvent, par leur propre silence, financièrement handicapés avant même le début de la campagne.
Lorsqu’on affirme que Lavalas, OPL et EDE ont tenu l’échelle pour l’oligarchie et le PHTK, cette accusation n’est plus une opinion. Elle est une constatation. Elle repose, ne serait-ce que sur cette seule décision : avoir laissé passer, sans un mot, un décret qui transforme l’argent en condition d’accès au pouvoir et qui favorise massivement les forces déjà installées.
Les jeux sont faits.
La liste est officielle.
Et ceux qui ont tenu l’échelle devront en répondre devant le peuple haïtien.

