12 octobre 2026
Adresse du Parti ADEBHA de Me René Julien aux personnalités réunies à la Nonciature
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Adresse du Parti ADEBHA de Me René Julien aux personnalités réunies à la Nonciature

UNE ADRESSE DU PARTI ACTION DÉMOCRATIQUE POUR BATIR (ADEBHA) AUX PERSONNALITÉS RÉUNIES A LA NONCIATURE

Jeudi 30 janvier 2020 ((rezonodwes.com))– Parti légaliste et avant-gardiste de l’État de droit, ADEBHA a appris la tenue, au cours de cette semaine, de trois journées de travail au siège de la nonciature entre des membres de la communauté internationale et des leaders des partis politiques favorables à la formation d’un gouvernement de coalition. 

 ADEBHA déplore le manque de transparence dans les formalités qui auraient pu aboutir à de fructueuses discussions contradictoires sur les causes réelles du déclin de la République. 

N’est-ce pas le moment de profiter du  ras-le-bol du peuple contre les tenants de l’ordre ancien pour remettre en question les ridicules et les tares d’une gouvernance indigne de l’État doublée d’une tutelle hégémonique, humiliante et traumatisante de la communauté internationale.

Il est temps pour notre pays de cesser de  tourner autour du pot pour aller droit au but.

Tant qu’il n’y aura pas une remise en question de nos aberrantes pratiques en matière de vie publique, nous sommes condamnés à tomber de rêves en cauchemar.

Chose inconcevable, au lieu de nous aider à régler nos différends sur la base des principes régissant tout État de droit, une tutelle opaque de la communauté internationale nous abattit le courage et notre élan de lutte.

Ces derniers temps, le peuple haïtien a l’impression de lutter contre des puissances ennemies.

Sous prétexte de notre inexpérience en matière d’organisation et de gestion de la chose publique, la communauté internationale, par le biais de l’OEA et de l’ONU, nous enlève même le droit d’organiser des élections pour renouveler nos dirigeants comme le veut notre Constitution.

Pourtant, d’autorité elle nous impose des farces électorales qui plongent davantage le pays dans le désarroi.         

Disons-le clairement, la tutelle étrangère complique davantage notre tâche de gouverner l’État selon la Constitution et les lois de la République.

Avec la complicité de l’OEA, Haïti organise une série de mascarades électorales qui ne font que compromettre toutes démarches favorables à la résolution définitive d’une crise doublement séculaire.

La tutelle de l’étranger nous impose des dirigeants anonymes, corrompus, dévoués à toute cause, sauf à celle d’Haïti.  Ce qui importe, c’est d’inonder l’État d’individus ainsi connus, des sans foi ni loi, des corrompus patentés, bref, des malfrats capables de tout quand il s’agit de faire le mal et incapables de rien quand il s’agit de bien commun.   

Savez-vous, le savez-vous qu’à cause des maldonnes enregistrées dans les élections organisées en Haïti en l’an 2000 à l’instigation de l’OEA, le Secrétaire d’État américain, Collin Powell avait proposé la réévaluation de ces élections?

Le climat de désordre instauré par les membres de la communauté internationale, lors des mascarades électorales de 2010, a porté un coopérant étranger du nom de Ricardo Setenfus à crier au scandale. Il a même dénoncé publiquement la communauté internationale d’avoir contribué délibérément à l’aggravation de la crise haïtienne.

 L’Haïtien, même le moins avisé, se demande pourquoi la communauté internationale, malgré les moyens légaux dont elle dispose pour résoudre une crise de gouvernance au niveau d’un État membre, a préféré user de détours dans le dossier haïtien.

Sous l’aberrante tutelle de l’international, à un rythme démesuré, tous les ordres – moral, matériel, social, politique, juridique, économique de notre pays – se sont effondrés ; tous les clignotants, tous les indices d’appréciation de la démocratie sont au rouge.

 La charte démocratique de l’OEA, promulguée le 11 septembre 2001, semble, en ce qui concerne Haïti, l’avoir été pour la galerie. À l’alinéa 1er de ladite charte, nous lisons : « Les peuples des Amériques ont droit à la démocratie et leurs gouvernements ont pour obligation de la promouvoir et de la défendre. »

Depuis cette disposition, tous les gouvernements haïtiens font le contraire avec la complicité de l’OEA. 

Dix-neuf ans après la promulgation de cette charte, malgré la tutelle hégémonique de la communauté internationale sur Haïti, toutes les institutions démocratiques et judiciaires prévues par la Constitution de 1987 n’existent que de nom.

La Constitution de 1987 n’avait prévu qu’un seul Conseil électoral provisoire. Le pays en a connu plus d’une quinzaine et jusqu’à présent, rien n’est fait pour stopper cette hémorragie ou corriger cette vilaine pratique.

Après plus de 32 ans de promulgation de la nouvelle Constitution, le fonctionnement des institutions républicaines aussi importantes qu’elles soient sont purement et simplement ignorées.

Les élections prévues par la Constitution pour le renouvellement des dirigeants nationaux et les membres des collectivités territoriales sont souvent dans l’impasse. C’est le cas actuellement.   

À l’article 111.8 de la Constitution en vigueur, nous lisons : « En aucun cas, la chambre des députés ou le sénat ne peut être dissous ou ajourné, ni le mandat de leurs membres prorogé. »   

La Constitution bannit la pratique infâme de la gouvernance de l’État par décret. Actuellement, un cas pareil se décrit. Sans qu’il y ait cas de force majeure, malgré la charte de l’OEA, le pays est acculé à constater un vide au niveau du parlement.

Sous l’empire de la tutelle étrangère, la situation haïtienne  évolue catastrophiquement dans le sens du pire.

 Abandonnés, les Haïtiens vivent dans une république physiquement bombardée, moralement défigurée, institutionnellement détruite.   

Tout compte fait, le problème haïtien cesse d’être imputable aux seuls rétrogrades nationaux.

La communauté internationale est, depuis plus d’une vingtaine d’années, responsable, à un titre ou à un autre, de la monstrueuse dégradation haïtienne.

Cela dit, toutes prétendues conclusions issues des discussions engagées à la nonciature qui ont omis de mettre la communauté internationale, notamment OEA, sur le banc des accusés, avec des circonstances aggravantes et qui ne proposent non plus un renversement total de la situation qui prévaut dans le pays avec la présidence de Jovenel Moise et consorts sont déjà considérées par le parti Action Démocratique pour Bâtir Haïti (ADEBHA) comme une farce en plus.
Ce 30 janvier 2020

Me René Julien
Président de l’ADEBHA   

1 Comment

  • Okello 30 janvier 2020

    Pays Haïti se seul yon soulevman general San violence ki pou retire l kote l ye laa.
    Peuple la bouke. Nou bezwen des gens honnêtes capables et sangs neufs pou dirige pays a : ancien ministre vanneur Pierre est honnête et capable; sénateur Steven benoit est honnête et capable, clarens renois est sang neuf et compétent pour ne citer que ceux-là

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