Le président paraguayen Santiago Peña a été destitué vendredi 6 novembre par le Sénat, au terme d’une procédure de destitution déclenchée par un scandale bancaire qui a provoqué une crise politique et financière dans le pays. Son vice-président, Pedro Alliana, a prêté serment comme nouveau chef de l’État.
La crise s’est déclenchée après l’effondrement d’Ueno Bank, un établissement financier numérique dont la Banque centrale avait ordonné la mise sous résolution en raison de graves problèmes de solvabilité. La crise a privé des millions de clients de l’accès à leurs comptes et à leurs économies, provoquant des manifestations dans la capitale, Asunción.
Le président avait annoncé sa démission jeudi, alors que la pression politique s’intensifiait. Mais les parlementaires ont choisi de poursuivre la procédure de destitution. Le Sénat l’a déclaré coupable de mauvais exercice de ses fonctions par 44 voix, sur les 45 membres de la chambre haute.
Les élus lui reprochent notamment des conflits d’intérêts présumés, des interventions dans la surveillance réglementaire de la banque et des liens avec une institution qui aurait bénéficié d’importants placements de fonds publics. Santiago Peña, qui avait détenu des parts dans la société liée à Ueno jusqu’en mars 2025, nie toute irrégularité.
Son éviction lui fait également perdre le statut de sénateur à vie et l’immunité parlementaire dont bénéficient normalement les anciens présidents élus démocratiquement.
La crise a pris une nouvelle dimension samedi, lorsque l’ancien président a comparu devant les autorités judiciaires. Il a été placé en résidence surveillée dans le cadre d’une enquête portant notamment sur des soupçons d’abus de confiance et de trafic d’influence.
Pedro Alliana hérite ainsi d’un pays confronté à une profonde crise de confiance envers ses institutions et son système financier. Le nouveau président a promis que les personnes touchées par l’effondrement bancaire seraient indemnisées.
Santiago Peña devient ainsi le deuxième président paraguayen de l’ère démocratique à être écarté du pouvoir par une procédure de destitution, après Fernando Lugo en 2012.

