7 novembre 2026
Haïti : Quel est le sens et la signification de résister patriotiquement aujourd’hui ? 
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Haïti : Quel est le sens et la signification de résister patriotiquement aujourd’hui ? 

Résister patriotiquement en Haïti, en novembre 2026, ne consiste pas à brandir des slogans  vides ou à attendre un sauveur extérieur. C’est un acte de lucidité et de responsabilité. C’est  refuser de normaliser une « insécurité » planifiée et maintenue, des « élections » organisées  par un Conseil électoral provisoire (CEP) qui détecte plus de 27 millions de tentatives de  fraudes sans prononcer la moindre sanction, et un gouvernement de facto placé et maintenu  par l’international, qui s’octroie le droit de choisir les dirigeants à la place du peuple haïtien. 

Cette résistance commence par un principe simple : tout problème bien posé est à moitié  résolu. Le peuple haïtien a un besoin urgent d’explications claires sur le rôle des uns et des  autres dans son malheur. Qui arme les gangs ? Qui les finance ? Qui tolère leur présence dans  des zones stratégiques ? Qui bénéficie du chaos prolongé ? Qui décide, depuis l’extérieur, de  maintenir un pouvoir de transition dont l’échec sécuritaire est patent ? Tant que ces questions  restent floues, la confusion règne et la résignation s’installe. Nommer les responsabilités – internes et externes – n’est pas de la division. C’est le premier pas vers la lucidité collective. 

Dans ce contexte, la communauté internationale joue un rôle déterminant et souvent occulté.  Ce sont des États, des organisations multilatérales et des bailleurs de fonds qui ont placé et  maintenu au pouvoir le gouvernement de facto, qui fixent les conditions de la transition, qui  financent le processus électoral et qui, dans les faits, valident ou invalident les dirigeants  haïtiens. En soutenant un ordre institutionnel sans mandat populaire clair, en tolérant  l’impunité face à des millions de fraudes détectées, et en prolongeant un cadre qui entretient  l’instabilité plutôt qu’il ne la résout, ces acteurs participent activement à la perpétuation de la  crise. Leur responsabilité n’est ni secondaire ni neutre. L’exiger n’est pas de l’anti occidentalisme : c’est rappeler que la souveraineté haïtienne ne peut être déléguée  indéfiniment. 

Les partis politiques haïtiens portent, eux aussi, une responsabilité lourde. Beaucoup se sont  transformés en machines à négocier des places et des financements plutôt qu’en instruments  de représentation populaire. Les plus de 27 millions de tentatives de fraudes détectées lors de  l’enregistrement des membres illustrent une culture de la contrefaçon et de l’opportunisme.  Au lieu d’exiger des règles claires, des sanctions et une refondation du système, trop de  formations politiques se contentent de contester les résultats quand ils leur sont défavorables,  tout en acceptant de participer à un processus qu’elles savent vicié. Résister patriotiquement,  c’est aussi refuser de confondre ces partis avec la volonté du peuple et exiger d’eux qu’ils  rendent des comptes. 

Dans ce contexte de chaos, toute élection et tout changement constitutionnel sont suspects par  nature. Ils méritent d’être expliqués et compris avant d’être acceptés. Le CEP annonce des  millions de fraudes, mais aucune sanction n’est prononcée. Le calendrier électoral est reporté  à plusieurs reprises, le registre des électeurs reste dramatiquement faible, et le pouvoir de  facto continue d’exercer sous la protection et la validation internationales. Participer sans  questionner, ou se taire face à des règles du jeu opaques, revient à valider un processus qui  contourne la souveraineté du peuple. 

Résister patriotiquement, c’est aussi refuser deux pièges. Le premier est celui de la résignation  : accepter que l’insécurité soit une fatalité et que les solutions ne puissent venir que de  l’étranger. Le second est celui de la complicité passive : laisser se dérouler, sans débat public, des processus électoraux ou constitutionnels qui risquent de légitimer durablement un ordre  imposé plutôt que choisi. 

Cette résistance n’est ni haineuse ni isolée. Elle est lucide, déterminée et tournée vers l’avenir.  Elle consiste à éclairer les citoyens sur les mécanismes de leur malheur – internes comme  externes –, à refuser les solutions toutes faites qui perpétuent la dépendance, et à rappeler que  la seule solution durable passe par l’exercice plein et entier de la souveraineté haïtienne. Pas  par des arrangements entre élites locales et partenaires internationaux. Pas par des élections  sous tutelle. Pas par le silence face à l’impunité. 

Aujourd’hui, résister patriotiquement en Haïti, c’est poser les bonnes questions, exiger des  comptes de tous les acteurs, et refuser que le peuple soit réduit au rôle de spectateur de son  propre destin. C’est le premier acte de reconstruction.

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