Le musicien montréalais d’origine haïtienne Wesli a remporté, mercredi 4 novembre, le Félix de l’album de l’année – Musique globale, à l’occasion du Premier Gala de l’ADISQ 2026. Une distinction qui récompense « Makaya », son septième album, véritable voyage musical au cœur de l’héritage haïtien et africain.
Il y a des récompenses qui dépassent le parcours d’un artiste. Pour Wesli, ce nouveau Félix a une résonance particulière. En remportant le prix de l’album de l’année en musique globale, au MTELUS, à Montréal, le chanteur, compositeur et multi-instrumentiste inscrit une nouvelle fois la culture haïtienne dans le paysage musical québécois.
Avec « Makaya », paru le 18 novembre 2025, Wesley Louissaint, de son vrai nom, signe une œuvre ambitieuse de 24 titres, dans laquelle il revisite les racines musicales et spirituelles de son pays natal. Né à Port-au-Prince et aujourd’hui établi à Montréal, l’artiste construit depuis plusieurs années un univers où les traditions haïtiennes dialoguent avec les influences africaines, caribéennes et contemporaines.
Le disque fait cohabiter les rythmes du rara, les sonorités associées au vodou, l’afrobeat, le reggae et les arrangements électroniques. Il réunit également plusieurs artistes, parmi lesquels AfrotroniX, BIC Tizon Dife, Ilam, Meryem Saci, Tamara Suffren et Sika Valmé.
Un hommage à la mémoire haïtienne
Le titre « Makaya » renvoie notamment à un massif montagneux du sud d’Haïti. Il évoque aussi la résistance des premiers marrons et leur combat pour la liberté. En kikongo, le mot signifie « feuille », symbole associé à la guérison, à la purification et au renouveau dans les traditions ancestrales.
À travers cette création, Wesli entend faire de la musique un instrument de mémoire et de transmission. Les chants, les langues et les rythmes hérités des traditions africaines occupent une place centrale dans cette démarche artistique.
L’album ne se contente pas de revisiter le passé. Il cherche à faire dialoguer cet héritage avec les sonorités actuelles, sans réduire la musique haïtienne à une simple expression folklorique.
Une reconnaissance qui dépasse l’artiste
En recevant son trophée, Wesli a tenu à souligner la contribution de la communauté haïtienne à la culture québécoise. Il a notamment évoqué l’importance de cette reconnaissance dans une société d’accueil où les artistes issus de l’immigration participent activement à la création et à la diversité culturelle.
Ce deuxième Félix vient enrichir un parcours déjà marqué par plusieurs distinctions, dont un prix JUNO en 2019 pour « Rapadou Kreyòl », un précédent Félix et une reconnaissance de l’Académie Charles-Cros.

