BOSTON — Le Dr Josué Renaud, directeur exécutif de la New England Human Rights Organization (NEHRO), a sévèrement critiqué jeudi l’intervention de la ministre de facto des Affaires étrangères, l’Haïtiano-Américaine Raina Forbin, devant l’Organisation des États américains (OEA), la qualifiant de « minable et méchante » après qu’elle eut, selon lui, « cyniquement et sans gêne » défendu la réponse sécuritaire du gouvernement au sanglant massacre de Kenscoff.
Devant l’OEA, Forbin a affirmé que, « dès les premières heures ayant suivi cette attaque », Alix Didier Fils-Aimé, « en sa qualité de président du Conseil supérieur de la Police nationale », avait réuni les principales autorités de la chaîne sécuritaire. Une précision présentée, selon Renaud, « comme s’il s’agissait d’un fait nouveau et d’une information d’une importance exceptionnelle », alors que la présidence du CSPN relève des attributions institutionnelles du chef du gouvernement.
La ministre a également déclaré que « la coordination avec la Force de répression des gangs a été renforcée » et que « les opérations ont été intensifiées ». Une affirmation contestée mercredi sur le terrain par des habitants et des notables de Kenscoff, qui disent continuer à craindre pour leur sécurité plusieurs jours après l’attaque.
« Aucun bilan opérationnel détaillé n’a été rendu public permettant d’établir avec précision le nombre de suspects arrêtés, d’armes saisies ou de positions durablement reprises par les forces de sécurité », a rappelé le dirigeant de NEHRO, mettant en doute la portée concrète de cette « intensification » annoncée devant l’organisation continentale.
Pendant ce temps, Kenscoff enterre ses morts dans la frustration et avec le sentiment persistant d’avoir été abandonnée par l’État. Aux funérailles succèdent les interrogations sur les défaillances de la chaîne sécuritaire, tandis que des familles endeuillées disent ne toujours pas percevoir de changement substantiel dans leur environnement immédiat.
Forbin a également insisté sur la mobilisation du Conseil supérieur de la Police nationale. Kenscoff connaît pourtant, depuis janvier 2025, une progression continue de l’activité des groupes armés. Malgré les réunions successives du CSPN et l’annonce gouvernementale d’une « riposte ferme » après le massacre, des résidents continuaient cette semaine encore à faire état d’un climat d’insécurité et d’une peur persistante de nouvelles attaques.
Plusieurs personnes enlevées ont, par ailleurs, retrouvé la liberté avec l’intervention de responsables religieux et communautaires, sans qu’un bilan public permette, à ce stade, d’attribuer ces libérations à une opération policière ayant conduit à l’arrestation de leurs ravisseurs.

