1 juin 2026
Le football : vecteur d’humanité et de mobilité sociale 
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Le football : vecteur d’humanité et de mobilité sociale 

Le football est bien plus qu’un simple sport. Par son universalité, il constitue un puissant vecteur d’humanité, de cohésion et de mobilité sociale. Adulé et suivi dans pratiquement tous les pays du monde, ce jeu transcende les frontières géographiques, culturelles, linguistiques et religieuses. Sur un terrain de football, les différences s’enterrent au profit de valeurs communes telles que le respect mutuel, la solidarité, l’esprit d’équipe et le dépassement de soi. Par sa faculté à rassembler des individus de tous horizons à l’objectif commun de se divertir et se défouler dans une ambiance saine, le football représente un langage universel qui favorise le dialogue, la compréhension mutuelle et la fraternité entre les peuples. Cette création fascinante confirme l’hypothèse du lien consubstantiel entre discipline et esprit de compétitivité pour accéder au sommet de la pyramide économique et sociale. Le football corrobore les thèses fondatrices des paradigmes économiques et sociaux qui greffent leurs arguments au tronc de la collégialité, la productivité et la mobilité sociale.

Antidote robuste au poison létal de l’oisiveté et de la criminalité qui sévit notamment dans les communautés claustrées à la prison de l’inactivité et la promiscuité, le football détient le cachet particulier d’offrir un ascenseur salvateur à des familles défavorisées. Au prix de l’immense sacrifice d’arbitrer en faveur du travail assidu au lieu de la facilité, de nombreux jeunes dévoués à peaufiner leur talent sportif ont vaincu une multitude d’adversités. En plus de développer une résistance physique remarquable et d’acquérir les compétences nécessaires pour devenir des athlètes professionnels, ils ont réussi à arracher leur ticket de sortie du profond labyrinthe du chômage, de la privation et de la misère. 

Grâce à ce sport qui récompense le talent et les efforts comme une femme aux yeux bandés, tant de jeunes issus de milieux vulnérables ont trouvé une voie d’émancipation qui leur permet d’accéder à de meilleures conditions de vie et à de nouvelles perspectives d’avenir. Incluant des aristocrates de la classe possédante, des modestes des favelas, des rescapés de Cité-Soleil ; le football a fait le bonheur des gens de bidonvilles dépourvus des services de base comme ceux des villes somptueuses.

Pont vers la justice sociale

En cette ère de domination accrue des multiples obstacles à la concrétisation du vœu de justice sociale – ancrés dans l’exclusion, la pauvreté et les disparités criantes – les institutions multinationales œuvrant pour la paix et l’intégration économique sont interpellées à promouvoir des projets viables et rassembleurs. En effet, un monde qui se vante d’être moderne ne devrait se plaire à nourrir autant de conflits acharnés que de simples négociations auraient pu éviter. Et si les décideurs s’attelaient plutôt à visualiser un village global qui accueille des milliards investis en des jeux collectifs au lieu des conflits sanglants entre les nations ? Les équipements sportifs assurent mieux la confiance et la sécurité publique que les uniformes militaires et les armes lourdes qui ne font qu’accélérer la vitesse macabre vers une fin apocalyptique. 

Inepties, démence de la raison, amateurisme au niveau du gouvernail mondial ; les pilotes ne sont pas à la hauteur des responsabilités qui leur sont confiées. Divers signes ont montré qu’en dehors d’un virage qualitatif vers une dynamique globalement responsable et éprise d’empathie, la disparition de l’espèce humaine sera imminente. Il s’avère essentiel de concevoir des stratégies innovantes pour recanaliser les énergies après avoir stoppé leur course déchaînée vers l’autoroute interdite des animosités et hostilités inter et intra nations. 

L’urgence d’un nouveau leadership mondial, visant à galvaniser les esprits et les énergies en des lieux et objectifs communs, paraît incontournable pour maintenir un équilibre mondial durable. Cette stabilité globale passe par l’éveil des huit milliards de voisins, appelés à être conscients du fait qu’ils affrontent des défis communs, sous plusieurs angles. Ainsi, tout en glorifiant les vertus magnanimes de la diversité, l’humanité entière aurait à gagner en implémentant des programmes « universellement » admis qui sensibilisent et incitent à des changements collectifs transformateurs. 

Le football pourrait bien faciliter l’appropriation de certains préceptes éducatifs et écologiques qui visent à préserver l’harmonie sur la planète. Il est capable de jouer un rôle axial dans le reformatage du logiciel humain vers des comportements susceptibles de défier la tendance vers l’autodestruction à l’échelle mondiale. La musique, le cinéma et le sport en général contribuent à cette noble cause. Cependant, rares sont des milieux aussi pragmatiques que le football qui ont déjà fait preuve de servir des objectifs d’équité avec autant d’efficacité. Le football se situe à la croisée des chemins entre l’éradication de la pauvreté et la prospérité partagée. 

Sans avoir recours à des exigences géopolitiques liées à la justice sociale transnationale, l’industrie footballistique aide à réparer des victimes du colonialisme. Cette entreprise contribue à remplir les fonctions de redistribution de la richesse mondiale. Le milieu footballistique cicatrise les plaies, réconcilie les ennemis et assagit les ignares. Ce sport porte bien les gênes d’un bélier innocent à offrir en holocauste pour pardonner et effacer les péchés capitaux d’un monde cynique qui exploite les dotations providentielles de façon asymétrique. Constructions massives de parcs sportifs, allocations de moyens financiers et logistiques (ballons, chaussures, …) au profit des jeunes des sociétés démunies, une meilleure redistribution des immenses fortunes engrangées par la FIFA peut également servir les causes de la réduction des inégalités. Pensez-y.  

La beauté de la simplicité

Contrairement aux productions musicales ou cinématographiques, souvent orientées dans une partialité intéressée, le football assure par sa portée universelle une fonction de vecteur d’amitié et d’humanité, quasiment à l’unanimité. Même ceux qui ne sont pas de fidèles fanatiques des sports de groupe n’y affichent pas une neutralité rigide. À la moindre invitation d’un ami, ils peuvent monter à bord pour goûter au bonheur contagieux procuré par un match de foot qui fort souvent fusionne acteurs et spectateurs dans un suspens électrique. D’une part, les joueurs foulent la pelouse ; de l’autre, le public des gradins et de la tribune fredonne dans la symphonie l’hymne de leurs équipes. In fine, la pression et les émotions du jeu sont vécues avec la même profondeur, la même ardeur entre tous les férus du ballon rond. 

Un point de démarcation crucial du football par rapport aux autres jeux d’équipe est qu’il découle d’un algorithme simpliste, facile à percer par les deux genres et toutes les catégories d’âges. Comme du lait maternel ruisselant de manière juteuse à l’estomac d’un nouveau-né, le football se digère fluidement, dans une compréhension rapide. Aujourd’hui, hormis le hors-jeu qui serait, sous des conditions spécifiques, difficile à cerner par les non-initiés, le fil conducteur du jeu est suivi sans nécessairement fournir des explications. Même nos enfants en bas âges ou nos grands-parents nonagénaires n’y sont incultes. Point besoin d’être expert pour cerner les fair-play, les beaux gestes comme les antijeux de ce beau jeu avec dextérité.  Domination ou subordination perceptible des équipes protagonistes, depuis la ligne défensive jusqu’à la ligne d’attaque, cela se déroule de manière compréhensible. Si simple, si beau !

L’opium par excellence

Karl Marx stipulait, à juste titre, que « la religion est l’opium du peuple ». Par cette assertion intemporelle, le philosophe Allemand du 19e siècle soulignait que la religion agit comme un calmant social. Elle éteint la souffrance, anéantit les frustrations et maintient les masses dans une espérance suprême qui neutralise tout sentiment de vengeance et de haine même envers leurs bourreaux. Cependant, pour captivante que soit cette déclaration marxiste, elle revêt une dimension dogmatique et surtout restrictive dans la mesure où le peuple n’inclurait pas toute la société. Dans le sens de Marx, le peuple revêt une connotation péjorative puisqu’il réfère pour ainsi dire à la masse, aux gouvernés, aux exploités. 

À bien des égards, le football intègre contrairement à la religion une potion magique à caractère holistique. Il transcende les barrières sociales pour apaiser les tensions parmi les différentes couches de la société, incluant l’élite, la classe moyenne et la masse. Par son pouvoir rassembleur exprimé autant dans les stades somptueux que dans les rues et corridors « fétides » mais au parfum artistique à l’arôme d’eucalyptus, le football dépasse le simple cadre rectangulaire d’un sport pratiqué sur une pelouse. 

Cette industrie florissante a significativement contribué à ralentir le rythme schizophrénique de la violence aveugle, du stupide racisme et des conflits générateurs de crises cardiaques et déstabilisateurs de l’équilibre cosmique. Le principe sacré du football, résumé dans le slogan « un esprit sain dans un corps sain », s’inscrit dans une logique d’harmonie, d’humanisation et de cohésion sociale. 

Carly Dollin

carlydollin@gmail.com

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