Michèle Bennett (voir tweet)
PORT-AU-PRINCE, 3 août 2026 — La publication de l’ancienne Première dame Michèle Bennett, ex-épouse de Jean-Claude Duvalier, marque une nouvelle étape dans la dégradation du débat politique haïtien. En qualifiant Alix Didier Fils-Aimé de « mini-Ariel » et en affirmant que son entourage « a de la merde dans les yeux », elle ne se limite pas à une attaque personnelle. Elle exprime un rejet radical de la conduite du pouvoir de transition et de son discours officiel.
La portée de cette déclaration tient également à son origine. Voir une personnalité associée à l’ancien régime « bout di » duvaliériste accuser l’exécutif actuel d’aveuglement politique constitue un renversement symbolique qui ne passe pas inaperçu. Le propos suggère que le gouvernement de doublure s’enferme dans une logique de communication, alors que les critiques portent sur la sécurité, la gouvernance et le respect du cadre constitutionnel.
Les détracteurs du Premier ministre, à tort ou à raison, lui reprochent notamment de soutenir un processus référendaire qu’ils jugent totalement incompatible avec la Constitution de 1987, en invoquant l’article 284-3, qui interdit toute consultation populaire visant à modifier la Constitution par voie référendaire. C’est dans ce contexte que certains opposants le qualifient d’« apprenti-dictateur », estimant que l’exercice du pouvoir s’éloigne progressivement des limites fixées par l’ordre constitutionnel. Le gouvernement, de son côté, défend la légalité et la nécessité de son agenda politique.
Au-delà de la formule choc employée par Michèle Bennett, cette séquence traduit l’extrême polarisation de la vie publique haïtienne. Les invectives occupent désormais une place centrale dans le débat, tandis que les divergences sur la Constitution, la transition et le calendrier politique continuent d’alimenter une confrontation dont l’issue demeure incertaine.

