Le chaos atteint son point culminant en Haïti. Dans le département de l’Ouest les affrontements armés entre les gangs voulant agrandir leur territoire, à Cité Soleil et à Croix des Bouquets, ont causé la mort d’au moins 305 personnes et ont fait 277 blessés, entre 5 mars et 11 mai 2026, selon le Bureau Integré des Nations Unies (BINUH).
D’autres affrontements, en seulement une semaine, ont encore causé la mort de 78 personnes durant la seconde moitié du mois de mai, dans ces mêmes zones . A en croire l’OIM, plus de 10.000 personnes ont dû fuir leurs domiciles pour échapper aux assauts meurtriers des gangs .
Dans l’Artibonite la situation sécuritaire est totalement confuse. C’est la pagaille. Les vaillants policiers haïtiens ont continué à payer de leur vie, le cynisme, la lâcheté, le konfiolo, la platitude des chefs du CSPN et du haut état major de la PNH, vendredi 29 Mai, 3 policiers et un civil ont péri au cours d’une opération, dans la zone de Carrefour Robert, sur la route de Verettes. De janvier 2018 à mai 2026, le gang grand grif a tué 15 policiers dont 11 agents de l’UDMO et 4 agents de l’UTAG.
A l’Estère, au niveau de la Croix Périsse, les stratégies de combat imposées par le haut commandement de la police laissent beaucoup à désirer. Les différentes opérations menées contre le gang kokorat sans Ras ne produisent pas l’effet escompté. Les bandits armés sont éparpillés aux quatres coins de la zone, et reviennent de plus belle, après chaque opération, avec une cruauté accrue envers une population délaissée et abandonnée.
Dans ce tohu bohu, le CEP et le gouvernement ont le toupet d’annoncer la tenue d’élections en Haïti, en novembre de cette année. Ki bò kandida yo pra l fè kanpay?
Ces irresponsables à la tête de l’Etat prennent les enfants du Bon Dieu pour des canards sauvages. Ils n’ont pas de mandat populaire, c’est ce qu’explique le flou de leur mission, l’impossibilité et l’impropriété d’évoquer le terme durée en ce qui les concerne.
D’Ariel Henri à Alix Fils-Aimé, trop de territoires sont perdus, de policiers humiliés et tués, de jeunes femmes et filles violées, de vieillards abattus, des hôpitaux, des centres culturels et des bibliothèques incendiés, la boucle doit boucler.
Les signataires du pacte politique du 22 février, les supporters du PM de facto et d’Eric Prince doivent clairement se positionner entre le maintien du statu quo et la libération. Le changement d’Haïti, c’est maintenant !
Marc Eudes PIERRE

