7 juin 2026
Haïti | Corruption – 16/100 chez Transparency International : sous le régime Fils-Aimé, des kits du Mondial au Best Western, l’opacité prépare déjà le rapport noir de 2027
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Haïti | Corruption – 16/100 chez Transparency International : sous le régime Fils-Aimé, des kits du Mondial au Best Western, l’opacité prépare déjà le rapport noir de 2027

Aimbridge Hospitality Proudly Opens The Best Western Premier Petion-Ville, Haiti, The First Full-Service US Brand Hotel In Port-au-Prince

Port-au-Prince — Le 28 mars 2013, Aimbridge Hospitality annonçait l’ouverture du Best Western Premier Pétion-Ville, présenté comme le premier hôtel de marque américaine à service complet à Port-au-Prince. Le communiqué officiel parlait alors d’un établissement de 106 chambres, de sept étages, évalué à 15 millions de dollars américains. Treize ans plus tard, en mars 2026, les bureaux de Mario Andrésol sont logés dans cet ancien hôtel, désormais évoqué dans l’espace public comme un immeuble ayant coûté plus de 20 millions de dollars à l’État haïtien.

Cette trajectoire financière, de 15 millions annoncés en 2013 à plus de 20 millions supportés par l’État en 2026, alimente les interrogations sur la commande publique, la valorisation immobilière et le contrôle juridictionnel des dépenses publiques. Elle s’inscrit dans un contexte déjà lourd : Haïti affiche 16/100 à l’Indice de perception de la corruption de Transparency International et se classe 169e sur 182 pays. L’organisation place également Haïti parmi les trois derniers pays des Amériques, avec le Venezuela et le Nicaragua, en raison d’institutions affaiblies, d’une corruption enracinée et de mécanismes de contrôle fortement dégradés.

Opacité ! Le gouvernement de doublure de Fils-Aimé donne déjà l’impression de rédiger, par ses propres pratiques, les premières lignes du rapport de 2027. Les kits audiovisuels annoncés par le gouvernement de facto pour le Mondial sont distribués sans appel d’offres connu, sans publication des contrats, sans montant global communiqué et sans ventilation budgétaire accessible. Aucune indication claire n’a été fournie sur le coût réel de l’opération pour le Trésor public, ni sur les critères ayant conduit au choix des fournisseurs.

Le Premier ministre de facto, Alix Didier Fils-Aimé, n’a jamais expliqué selon quelle procédure ces kits ont été acquis. L’un d’eux, commercialisé sous la marque INGCO, serait distribué en Haïti par des intérêts liés à la famille Handal, réputée proche de l’entourage du chef du gouvernement, selon un défenseur de droits humains. Une telle configuration, si elle est documentée par les pièces contractuelles, poserait un problème sérieux de favoritisme présumé, de conflit d’intérêts et de captation des marchés publics au bénéfice d’un cercle privé proche du pouvoir.

Le dossier Best Western, lui, ajoute une strate supplémentaire au soupçon. Comment un hôtel présenté en 2013 comme un investissement de 15 millions de dollars peut-il devenir, quelques années plus tard, un actif coûtant à l’État haïtien plus de 20 millions ? Qui a évalué le bâtiment ? Quelle institution a validé le prix ? Où sont les rapports d’expertise, les avis de conformité, les décisions de la Cour supérieure des comptes et du contentieux administratif ? À défaut de réponses publiques, le silence institutionnel devient lui-même un symptôme de gouvernance défaillante.

La Cour des comptes, en fin de mandat, garde une discrétion préoccupante. Or, la dépense publique ne se gère pas par annonces politiques, relations d’affaires ou proximité familiale. Elle exige publicité, concurrence, traçabilité, audit et responsabilité. Sous le régime Fils-Aimé, les kits du Mondial et le dossier Best Western semblent désormais appartenir au même registre : celui des marchés opaques, des montants non expliqués et des décisions prises hors du regard citoyen.

Haïti n’a pas besoin d’attendre 2027 pour comprendre le message de Transparency International. Avec 16/100, le signal est déjà rouge. Le problème ne se limite pas à un indice international ; il se vérifie dans les pratiques concrètes de l’État. Quand les contrats restent invisibles, quand les montants circulent sans justification publique, quand les proches du pouvoir apparaissent dans l’environnement des marchés, la corruption cesse d’être une perception abstraite. Elle devient une méthode de gouvernement.

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