25 avril 2026
Fils-Aimé : hier fan de la MSS, aujourd’hui allergique à une MSS2 ?
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Fils-Aimé : hier fan de la MSS, aujourd’hui allergique à une MSS2 ?

MINUTE DE LA REDACTION

MSS, pas MSS2…
Au fond, ce n’est qu’une question d’étiquette — pas de substance.

Port-au-Prince / New York — L’art consommé de dire tout et son contraire. Vendredi, tout joyeux de retour des États-Unis, entouré des femmes-ministres comme décor – pou bèbèl -, le Premier ministre de doublure Alix Didier Fils-Aimé a livré une déclaration dont la subtilité le dispute à la confusion : « la nouvelle mission n’est pas une MSS2 ». Une précision qui, à défaut d’éclairer, obscurcit davantage.

Car les archives, elles, n’ont ni amnésie ni complaisance. Dans une séquence officielle diffusée par la Primature en 2025 — notamment visible ici : https://twitter.com/PrimatureHT/status/1877003500112036265 — le même responsable se faisait le chantre enthousiaste des forces kényanes, multipliant les louanges avec une ferveur quasi doctrinale. Hier apôtre, aujourd’hui exégète prudent : le grand écart relève moins de la diplomatie que d’une plasticité opportuniste.

Ce brusque infléchissement du discours interroge la nature même de la parole gouvernementale. Derrière la distinction laborieuse entre « MSS » et « non-MSS2 », se profile une constante embarrassante : la réalité opérationnelle demeure inchangée, seule la rhétorique se recompose. Le pouvoir paraît ainsi évoluer dans une zone de requalification lexicale permanente, où l’on rebaptise les instruments sans en altérer la substance.

À ce niveau, l’argumentaire confine à une forme de casuistique administrative, où la précision terminologique sert de voile à l’indétermination politique. L’écart entre les déclarations passées et présentes ne relève plus de la nuance, mais d’une versatilité qui fragilise la crédibilité de l’exécutif sur la scène nationale comme internationale.

Le dossier du référendum constitutionnel s’inscrit dans la même logique d’oscillation calculée. Après en avoir entériné l’abandon en octobre 2025, l’exécutif en réactive aujourd’hui la perspective, au mépris de l’économie générale de la Constitution de 1987, laquelle ne reconnaît aucune voie référendaire en matière d’amendement. Une telle versatilité normative s’apparente moins à une évolution doctrinale qu’à une dérive instrumentale du droit.

À ce stade, le doute cesse d’être implicite pour devenir une mise en cause frontale : assiste-t-on à l’expression d’une ligne gouvernementale cohérente, ou à une parole publique désormais réduite à un instrument d’ajustement circonstanciel ?

Rezo Nòdwès — Minute de la rédaction

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