6 septembre 2026
Dr Claude Joseph : Les conflits en Haïti sont des hostilités fabriquées par des gloutons inassouvis
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Dr Claude Joseph : Les conflits en Haïti sont des hostilités fabriquées par des gloutons inassouvis

Distraction… par Dr Claude Joseph

Samedi 11 août 2018 ((rezonodwes.com))– Les groupes oligarchiques qui paraissent être à couteaux tirés sur la formation d’un nouveau gouvernement en Haïti ne font que nous jouer des mauvais tours. Ces conflits d’apparence idéologique ne sont que des hostilités fabriquées par des gloutons inassouvis dans le seul but de nous distraire : Une véritable performance théâtrale. Mais nous ne sommes pas dupes.




Certes, les rapports entre ces groupes oligarchiques ont toujours été caractérisés par des vicissitudes, étant donné les enjeux économiques. Cependant, ces cycles ne durent que l’espace d’un cillement, ce qui ne doit surprendre personne dans la mesure où nos hommes d’Etat et leurs complices du secteur privé ne sont que des parasites dont la survie dépend de nos maigres ressources publiques.

Ils s’entendent facilement et rapidement. Dans les médias, ils donnent l’impression que leurs intérêts sont mutuellement exclusifs, c’est la voix des sans-voix contre celle du grand capital. Rien ne saurait être plus loin de la vérité. La réalité c’est que ces rentiers s’entendent parfaitement bien pour former ce que l’économiste Fritz Jean, dans son livre « Haïti, la fin d’une histoire économique », appelle « des Réseaux Sociaux d’Accumulation », conçus pour s’approprier toutes les opportunités du pays.

« Les informations disponibles sur les entreprises privées », selon un rapport de la Banque Mondiale, « donnent à penser que les grandes familles qui dominaient l’économie haïtienne à l’époque de Duvalier, au cours des années 70 et 80, conservent toujours aujourd’hui la mainmise sur de vastes pans de l’économie nationale, ce qui conduit à une forte concentration de leur pouvoir dans un certain nombre d’industries clés, à une distorsion de la concurrence et au maintien, dans de nombreux cas, de pratiques commerciales non transparentes ».

Par conséquent, plusieurs des principaux produits alimentaires dont dépendent les consommateurs haïtiens sont vendus dans des marchés concentrés, ce qui explique que leurs prix sont en moyenne de 30 à 60 % plus élevés environ que dans les autres pays de l’Amérique latine et de la Caraïbe. Cette concentration ne serait pas possible sans l’aide d’un État piloté par des dirigeants corrompus qui depuis le début du XXe siècle accordent des avantages économiques aux membres de l’élite en échange de leur soutien politique.




Dans sa « Radiographie de la bourgeoisie haïtienne », Michel Soukar adresse le problème sans demi-mesure. Il dénonce le mensonge de la bourgeoise qui se plaint de l’absence du financement public du processus d’industrialisation. Du gouvernement de Paul Magloire à celui de Jean Claude Duvalier, nous confie Soukar, « l’Etat Haïtien a financé souvent à des fonds perdus, les hôtels luxueux de Pétion-Ville, les industries de la formation du sisal (corderie), de fabrication des carreaux de céramique, de patte de tomate, de bonneterie, d’extraction du marbre, de protection du rhum, d’ustensiles de cuisine, d’imprimerie, sans oublier de nombreuses industries d’assemblages travaillant pour le marché américain ».

Pendant plus de quarante ans, l’auteur renchérit, « l’Etat haïtien a financé la bourgeoisie à travers la Banque Nationale de la République d’Haïti, qui travaillait surtout avec les exportateurs de café et les importateurs, et par une institution financière spécialisée qui prit les appellations successives d’Institut Haïtien de Crédit Agricole et Industriel (IHCAI), d’Institut de Développement Agricole et Industriel (IDAI), puis de Banque Nationale de Développement Agricole et Industriel (BNDAI) ».




Ces faits sont trop têtus… Les groupes d’intérêts peuvent ne pas s’entendre sur des petits détails relatifs à la formation du nouveau gouvernement, mais chercher à nous convaincre que ces conflits sont de nature idéologique opposant une sensibilité populaire aux intérêts du grand capital c’est, pour répéter l’autre, prendre les enfants du bon dieu pour des canards sauvages.

Dr Claude Joseph
Long Island University, Brooklyn Campus
11 Août 2018

2 Comments

  • Givenchi Alpachino 11 août 2018

    J’ai prend le soin pour déguster cet beau et bel rappel que le docteur a fait sur ces classes de politique mélancolique entre des hommes qui se font passer pour des hommes politiques et qui ne le sont pas. Très bel discourt docteur car vous avez vu et entendu jusqu’à ce que vous avez fait l’analyse et là je peux dire que par mis les penseurs ou du moins les hommes conscienceux Haiti avait un car vous voyez que c’est un jeux qu’ils ont entrain de jouer avec la société haïtienne. Merci docteur pour ce beau discours je crois que ceux qui ne sont pas des imbéciles comme ses hommes la pour ne pas dire comme ses bourgeois corrompus qui vivaient dans la capitale haïtienne car ils manipulent la classe politique juste pour procurée leurs avantages.Merci

  • Ronald J Belot 12 août 2018

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