Le Groupement des Intellectuels Haïtiens de la Diaspora des Amériques et de l’Europe constate
avec indignation et révolte le traitement inhumain et dégradant infligé aux compatriotes haïtiens
par l’administration Trump. La majorité de ces ressortissants ont pourtant bénéficié de
programmes humanitaires légalement établis, notamment après le tremblement de terre
dévastateur de 2010 et celui de 2021, ainsi que dans le cadre du programme de libération
conditionnelle humanitaire de 2022. Ils ont respecté les procédures, contribué à l’économie
américaine et enrichi le tissu social de leurs communautés d’accueil.
La révocation brutale de ces protections crée une onde de choc généralisée au sein des
communautés haïtiennes aux États-Unis. Les conséquences sont alarmantes : détresse
psychologique profonde, cas de suicides rapportés, réclusion forcée de familles entières vivant
dans la peur des arrestations, séparation de familles, et perte de dignité personnelle pour des
dizaines de milliers de personnes qui avaient reconstruit leur vie dans la légalité.
Le Groupement rappelle que les États-Unis et Haïti sont liés par plusieurs conventions
bilatérales dans les domaines de l’immigration, de l’entraide judiciaire et de la coopération
humanitaire. Les États-Unis sont également signataires d’instruments internationaux relatifs aux
droits de la personne, dont le principe de non-refoulement, qui interdit le renvoi de personnes
vers un pays où leur vie et leur sécurité sont menacées. Or, la situation sécuritaire actuelle en
Haïti, caractérisée par la violence des groupes armés dont 95% des armes proviennent des
Etats-Unis selon un rapport des Nations-Unis et l’effondrement des services de base à cause des
incompétences des gouvernements successifs supportés par ce même Etats-Unis, rend tout retour
forcé inhumain et contraire au droit international.
À cet égard, le Regroupement demande instamment :
- Un réexamen sans délai des accords bilatéraux liant les deux pays, à la lumière des
obligations juridiques et morales qui en découlent ; - La restauration immédiate des protections humanitaires accordées aux ressortissants
haïtiens, notamment le Statut de Protection Temporaire (TPS) ; - Un moratoire sur toutes les déportations vers Haïti tant que les conditions sécuritaires et
humanitaires ne permettent pas un retour digne et sûr ; - Que les institutions internationales, dont l’Organisation des Nations Unies à l’occasion de
son Assemblée générale, inscrivent le dossier haïtien parmi leurs priorités afin d’amener
les États-Unis à infléchir leur politique migratoire à l’égard des Haïtiens ; - Que l’Organisation des États Américains (OEA) et la Communauté des Caraïbes
(CARICOM) se saisissent de cette question et fassent entendre la voix de la région.
Le Groupement invite l’ensemble de la diaspora haïtienne, les organisations de défense des droits
de la personne, les leaders religieux et communautaires, ainsi que tous les citoyens épris de
justice, à se mobiliser pacifiquement et à faire front commun pour la défense de la dignité du
peuple haïtien.
Le peuple haïtien, premier peuple noir libre de l’histoire moderne, a payé le prix fort pour sa
liberté. Il mérite respect, solidarité et justice.
Fait le 6 Septembre 2026
Pour le Regroupement des Intellectuels Haïtiens de la Diaspora des Amériques et de
l’Europe - Gérard Junior Mathieu
- Mérilès Joseph
- Robert Gessy
- Jude Mary Cherisie



