12 août 2026
Transparency International | Haïti, 16 sur 100, parmi les derniers du monde : la corruption prospère à l’ombre de l’impunité, un dangereux engrenage
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Transparency International | Haïti, 16 sur 100, parmi les derniers du monde : la corruption prospère à l’ombre de l’impunité, un dangereux engrenage

Transparency International | Haïti reste le pays le plus mal classé de la Caraïbe et tombe au 169e rang mondial

PORT-AU-PRINCE, 12 août 2026 — Haïti demeure au plus profond du classement international sur la corruption publique. Selon l’Indice de perception de la corruption (CPI) 2025, publié le 10 février 2026 par Transparency International, le pays obtient seulement 16 points sur 100 et se classe 169e sur 182 pays et territoires, sans aucune amélioration par rapport à 2024. Sur l’échelle de l’organisation, zéro correspond à une perception extrêmement élevée de la corruption dans le secteur public et 100 au niveau le plus favorable. Haïti se situe ainsi très loin de la moyenne mondiale, tombée à 42/100.

À l’échelle caribéenne, le résultat place Haïti au dernier rang parmi les États insulaires souverains de la Caraïbe évalués par le CPI, très en dessous notamment de la République dominicaine, de la Jamaïque, de Trinité-et-Tobago et de la Barbade. À l’échelle plus large des Amériques, Transparency International classe explicitement Venezuela (10), Nicaragua (14) et Haïti (16) comme les trois pays obtenant les scores les plus faibles. L’organisation associe cette extrémité du classement à des institutions défaillantes ou cooptées, à une corruption profondément enracinée et à des systèmes politiques où les mécanismes institutionnels de contrôle ne remplissent plus suffisamment leur fonction.

Le diagnostic régional formulé par Transparency International est particulièrement sévère : des années d’inaction gouvernementale face à la corruption auraient contribué à l’affaiblissement de la démocratie et favorisé l’expansion du crime organisé, avec des conséquences directes sur les droits humains, les services publics et la sécurité. L’organisation estime également que l’insuffisance des dispositifs anticorruption permet aux réseaux criminels et aux élites disposant d’un accès privilégié au pouvoir d’accroître leur influence sur la décision publique. Sa conseillère régionale pour l’Amérique latine et la Caraïbe, Luciana Torchiaro, appelle notamment au renforcement de l’indépendance judiciaire, de l’application de la loi, de la coopération internationale et de la transparence des marchés publics.

Le classement intervient après une année 2025 largement administrée sous l’architecture institutionnelle du Conseil présidentiel de transition (CPT) et du gouvernement dirigé par le Premier ministre Alix Didier Fils-Aimé. Une distinction méthodologique s’impose toutefois : Transparency International n’attribue pas directement le score de 16/100 au CPT ni personnellement à Fils-Aimé, et son rapport ne constitue pas un jugement judiciaire établissant des actes de corruption imputables à leurs membres. Le CPI mesure la perception de la corruption du secteur public à partir de plusieurs sources spécialisées et traduit des dysfonctionnements institutionnels plus larges et souvent antérieurs à une administration particulière. Transparency International avertit d’ailleurs, à propos de certains pays, que les données du CPI 2025 ne reflètent pas nécessairement l’intégralité des développements survenus pendant l’année 2025.

Le résultat n’en constitue pas moins un indicateur institutionnel défavorable pour une transition qui avait notamment pour mission de restaurer l’autorité publique et de conduire Haïti vers un ordre constitutionnel électif. Avec 16/100, aucun progrès annuel et une 169e place mondiale, Haïti reste enfermé dans la zone inférieure du CPI au moment où Transparency International établit un lien général, pour les Amériques, entre faiblesse des institutions, corruption persistante, recul de la reddition de comptes et progression du crime organisé. À la veille d’un nouveau cycle électoral annoncé par les autorités, l’enjeu dépasse donc la seule arithmétique du classement : quelles garanties institutionnelles peuvent assurer l’intégrité des dépenses publiques, des marchés de l’État et du financement politique lorsqu’un pays demeure parmi les treize derniers du classement mondial ?

Source principale : Transparency International — Corruption Perceptions Index 2025 : Haïti

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