PORT-AU-PRINCE, 24 juillet 2026 (Rezo Nòdwès) — Le jour même où le Conseil Electoral Provisoire (CEP) publiait son calendrier électoral, deux opérations attribuées à des groupes armés ont rappelé l’ampleur de la crise sécuritaire. À Port-au-Prince, le directeur de cabinet du ministre de l’Éducation Nationale, Éclésias Thélemaque, a été enlevé à Delmas 31 par un commando circulant à bord d’un véhicule muni de gyrophares. Les ravisseurs, selon les informations disponibles, portaient des uniformes de la Police nationale d’Haïti, leur permettant d’agir en pleine capitale sous l’apparence d’une intervention officielle.
Cet enlèvement porte à deux le nombre de hauts cadres de l’administration publique ciblés en quelques semaines. Le chef de cabinet du ministre de la Défense, M.James Boya, demeure entre les mains de ses ravisseurs, sans qu’aucune annonce de libération ait été faite. La succession de ces attaques contre des responsables de l’État accentue les interrogations sur la capacité des autorités à protéger leurs propres institutions et leurs principaux cadres.
D’autre part, au cours de la nuit de jeudi à vendredi, des hommes armés ont également quitté Gressier, l’un des « territoires perdus » échappant au contrôle des autorités de l’État, à bord d’une chaloupe pour rejoindre Ti-Tans, dans la commune d’Anse-à-Galets, sur l’île de La Gonâve. Selon les témoignages recueillis, ils ont pillé des habitations, semé la terreur parmi les résidents et tenté de tuer un citoyen qui refusait de leur indiquer l’adresse d’une autorité locale connue pour son opposition catégorique aux actes de banditisme.
Après leur expédition, les assaillants ont repris la mer pour regagner Gressier sans rencontrer la moindre opposition, rapporte un collaborateur de Rezo Nòdwès ayant directement contacté l’autorité concernée à La Gonâve. Celle-ci affirme qu’elle ne se cachera jamais devant les groupes armés et se dit prête à leur faire face, malgré l’absence manifeste de dispositif de sécurité sur l’île.
Ces deux événements, survenus à quelques heures d’intervalle, illustrent une réalité sécuritaire où des groupes armés peuvent, d’une part, opérer dans la capitale sous couvert d’uniformes et de véhicules rappelant les forces de l’ordre et, d’autre part, quitter un territoire contrôlé comme Gressier pour mener une expédition armée jusqu’à La Gonâve avant de revenir sans être interceptés. Cette situation survient au moment où les autorités relancent un processus électoral national assorti d’un référendum illégal. Un décret ne peut invoquer la Constitution pour fonder le pouvoir exécutif tout en autorisant une procédure expressément interdite par l’article 284-3.

