22 juillet 2026
Conseil de sécurité | « Haïti vacille au bord du précipice » : la Russie contredit Raina Forbin — texte intégral
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Conseil de sécurité | « Haïti vacille au bord du précipice » : la Russie contredit Raina Forbin — texte intégral

Conseil de sécurité | Transition retardée, gangs armés et embargo inefficace : la Russie contredit le discours de Raina Forbin — texte intégral

La Fédération de Russie a livré une appréciation particulièrement sévère de la situation haïtienne, estimant que le pays demeure « au bord du précipice » et exposé à une descente irréversible dans le chaos. À rebours du discours optimiste présenté par Raina Forbin, Moscou constate l’enlisement des préparatifs électoraux, les reports successifs du calendrier et l’absence de dates définitives pour la tenue du scrutin présidentiel.

La délégation russe considère que le retour à l’ordre constitutionnel et le rétablissement d’autorités démocratiquement élues constituent les fondements de toute stabilisation durable. Elle demande au gouvernement provisoire et aux forces politiques de parvenir à un dialogue responsable, tout en affirmant qu’Haïti doit déterminer son avenir sans ingérence extérieure, celle-ci étant présentée comme l’une des causes historiques de la crise.

Sur le plan sécuritaire, Moscou juge insuffisante toute stratégie reposant exclusivement sur la force. La Russie compare une telle politique au pompage de l’eau d’un navire en train de couler sans colmater la brèche de sa coque. Elle accuse par ailleurs les États-Unis, désignés comme la principale provenance des armes illicites, de ne pas empêcher les trafics qui alimentent les gangs, tandis que l’embargo adopté par le Conseil de sécurité demeure, selon elle, inopérant.

Traduction intégrale en français

Fédération de Russie —

Madame la Présidente,

Nous remercions le représentant spécial du secrétaire général, M. Carlos Ruiz Massieu, ainsi que la représentante spéciale du secrétaire général pour les enfants et les conflits armés, Mme Vanessa Frazier, et la directrice exécutive de l’Office des Nations unies contre la drogue et le crime, Mme Monika Juma, pour leurs exposés substantiels.

Nous avons également écouté avec la plus grande attention M. Jack Christofides, chef de la Force de répression des gangs.

Nous saluons la présence de la ministre des Affaires étrangères d’Haïti, Mme Raina Forbin, ainsi que celle de M. Roberto Álvarez Gil, ministre des Affaires étrangères de la République dominicaine.

Haïti continue de vaciller au bord du précipice. Tout progrès exige des efforts colossaux, tandis que le risque d’une descente irréversible dans le chaos demeure extrêmement élevé.

L’ampleur de la catastrophe humanitaire qui frappe le pays, de même que l’insuffisance de la réponse internationale, a été décrite avec éloquence par le secrétaire général après son déplacement à Port-au-Prince, au mois de juin.

Une étape fondamentale vers la stabilisation de la situation doit consister en un retour à la voie constitutionnelle, ainsi qu’au rétablissement d’autorités démocratiquement élues.

À cet égard, les efforts des autorités provisoires et de la communauté internationale, représentée par le BINUH, se concentrent — à juste titre — sur la préparation et la tenue de l’élection présidentielle attendue depuis longtemps.

Nous sommes préoccupés par la lenteur des préparatifs et par les reports successifs des échéances. Nous comprenons que ces retards découlent, dans une large mesure, de la situation objective du pays. Nous espérons néanmoins que les dates définitives du scrutin seront bientôt établies et qu’elles seront, cette fois, strictement respectées.

Nous appelons le gouvernement provisoire et toutes les forces politiques à engager le dialogue et à travailler ensemble, de manière responsable, au service des intérêts de l’ensemble de la population haïtienne.

Haïti doit décider de son avenir de manière indépendante, sans ingérence extérieure malveillante, laquelle est à l’origine d’une grande partie des problèmes que connaît aujourd’hui le pays.

La principale menace pesant sur la sécurité du processus électoral provient des gangs. Selon l’ONUDC, ceux-ci sont passés du statut de bandes de rue à celui de réseaux criminels structurés, disposant de sources de revenus diversifiées et exerçant un contrôle étendu sur des territoires, des infrastructures de transport et la vie socioéconomique de la société haïtienne.

Les gangs doivent être expulsés des zones qu’ils contrôlent par la Force de répression des gangs, agissant conjointement avec la Police nationale d’Haïti et les Forces armées d’Haïti.

Nous prenons note des progrès accomplis dans le déploiement de la Force de répression des gangs et dans l’opérationnalisation du Bureau d’appui des Nations unies en Haïti.

Nous comptons sur le fait que, maintenant que les moyens logistiques et les infrastructures de base sont en place, le contingent international pourra commencer à conduire des opérations déterminantes contre les gangs haïtiens, conformément au mandat qui lui a été confié par le Conseil de sécurité.

Parallèlement, nous demandons à la direction de la Force de répression des gangs et à la présence des Nations unies dans le pays d’accorder une attention particulière à l’ensemble des mesures d’accompagnement sans lesquelles les résultats obtenus par la force ne pourront être durables.

Nous faisons principalement référence au désarmement complet et au démantèlement des gangs, à la création de possibilités de réintégration pour leurs membres, ainsi qu’à l’amélioration des systèmes judiciaire et pénitentiaire afin de garantir un traitement efficace et équitable des personnes détenues.

La protection des droits des enfants et leur traitement humain doivent constituer une priorité distincte, notamment lorsque des mineurs ont été recrutés par des groupes armés.

Nous soutenons l’examen des options présentées dans le rapport distinct du secrétaire général consacré aux formes de soutien international susceptibles d’être apportées au programme de désarmement et de réintégration, étant entendu que la responsabilité première des efforts menés dans ce domaine incombe aux Haïtiens eux-mêmes.

Madame la Présidente,

Tenter de résoudre le problème des gangs exclusivement par la force, sans s’attaquer à leurs sources de financement et à leurs approvisionnements en armes, revient à pomper l’eau d’un navire en train de couler sans réparer la brèche ouverte dans sa coque.

Le dernier rapport de l’ONUDC indique clairement que la contrebande d’armes vers Haïti se poursuit pratiquement sans restriction. L’embargo imposé par le Conseil de sécurité ne fonctionne pas dans la pratique.

Le non-respect des sanctions du côté haïtien peut être attribué au manque de ressources et de compétences. En revanche, la raison pour laquelle les États-Unis, principale source des approvisionnements illicites, ferment les yeux sur ces trafics demeure un mystère.

Le rapport indique également que les restrictions imposées par Washington aux navires arrivant d’Haïti n’ont fait qu’engendrer des difficultés supplémentaires dans l’acheminement des marchandises ordinaires et de l’aide humanitaire vers le pays, sans parvenir à réduire les flux d’armes destinées aux gangs.

Nous sommes disposés à travailler de manière constructive avec Port-au-Prince, ainsi qu’avec tous les membres responsables de la communauté internationale, afin de restaurer la stabilité et la paix en Haïti, dont le peuple haïtien a profondément besoin.

Je vous remercie de votre aimable attention.

Texte original en anglais —

Russian Federation

We thank the Special Representative of the Secretary-General, Mr. Carlos Ruiz Massieu, as well as the Special Representative of the Secretary-General for Children in Armed Conflict, Ms. Vanessa Frazier, as well as the Executive Director of UNODC, Ms. Monika Juma, for their substantive briefings.

We listened very carefully. Mr. Jack Christofidis, the Head of the Gangs.

We welcome the presence of the Minister of Foreign Affairs of Haiti, Ms. Reiner Forbin, and Mr. Roberto Alvarez Gil, the Minister of Foreign Affairs of the Dominican Republic.

Haiti continues to teeter on the edge. Any progress requires colossal efforts, whereas the risk of irreparable descent into chaos is exorbitantly high.

The scale of the humanitarian catastrophe on the island, as well as the insufficient international response thereto, well, they were eloquently recounted by the Secretary-General following his trip to Port-au-Prince back in June.

A fundamental step on the way towards stabilizing the situation in the country should be a return to the constitutional path of development, as well as a restoration of democratically elected authorities.

Against this backdrop, the efforts of the provisional authorities, as well as the international community represented by Benu are focused on — and rightly so — are focused on preparing and holding the long-awaited presidential election.

We are disquieted by the preparations dragging on, as well as by the postponements in timelines.

We understand that the delays to a large extent are driven by the objective situation in the country, yet we hope that soon the final dates for the vote will be set, and these dates must be strictly complied with this time around.

We call on the provisional government and all political forces to engage in dialogue, to work together responsibly for the benefit of Pan-Haitian interests.

Haiti should decide its future independently, independently, without nefarious external interference, which is what caused many of the country’s problems in the first place.

The main threat to a safe electoral process in the country is gangs who, as reported by UNODC, have transformed from street gangs into well-structured criminal networks with diversified revenue streams and broad-based control over territory, transport facilities, as well as the socioeconomic life of Haitian society.

Gangs should be pushed out of the areas they controlled by the Gang Suppression Force working together with the Haitian National Police and the National Army.

We note progress on GSF deployment and UNSO operationalization.

We are counting that now, now that all of the logistics and the basic infrastructure are in place, the international contingent can begin conducting decisive operations against Haitian gangs in keeping with its Security Council mandate.

At the same time, we call on the GSF leadership and the UN presence in the country to pay particular attention to the whole range of accompanying measures without which results achieved by force won’t be sustainable.

We’re referring first and foremost to comprehensive disarmament and dismantlement of the gangs, creating opportunities for reintegrating gang members, as well as improvements to the judicial and prison systems in the country to ensure the treatment of detainees is effective and fair.

A separate priority should be upholding children’s rights and humane treatment thereof, including cases where children have been recruited by gangs.

We support the work on the options set forth in a separate SG report, Options for Providing International Support to the Disarmament and Reintegration Programme, on the understanding that primary responsibility for efforts on this track rests with Haitians themselves.

Madam President,

Solving the gang problem solely by force without tackling their sources of funding and of weapons first and foremost is tantamount to attempts to pump water from a sinking ship without addressing the breach in the vessel’s hull.

Having said that, the latest UNODC report clearly states that arms smuggling into Haiti is continuing essentially without any restrictions.

The embargo imposed by the Security Council is not working in practice.

While non-compliance with sanctions measures on the Haitian side can be ascribed to the shortage in resources and competencies, why is the trafficking being ignored by the United States, being the main source of illicit supplies? That remains a mystery.

Furthermore, as the report states, the restrictions Washington has imposed on vessels arriving from Haiti did nothing but create additional problems with deliveries of regular cargo and humanitarian assistance going into Haiti, doing nothing to curb weapons flows to gangs.

We stand ready to work constructively with Port-au-Prince, as well as with all responsible members of the international community, so as to restore stability and peace in Haiti, something the Haitian people sorely need.

I thank you for your kind attention.

Le titre peut aussi être resserré ainsi : Conseil de sécurité | « Haïti vacille au bord du précipice » : la Russie contredit Raina Forbin — texte intégral.

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