19 juillet 2026
CIC-Gonaïves | De 1966 à 2026 : l’AACIC veut transformer le 60e anniversaire en projet éducatif durable
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CIC-Gonaïves | De 1966 à 2026 : l’AACIC veut transformer le 60e anniversaire en projet éducatif durable

De 1966 à 2026, le CIC ne célèbre donc pas uniquement son passé. Il se trouve devant l’obligation de définir ce qu’il entend léguer aux élèves qui écriront les prochaines décennies de son histoire.

par Me. Claudy Briend Auguste, promotion 1985

GONAÏVES — Le Collège Immaculée Conception atteindra, le 8 décembre 2026, le cap symbolique de ses soixante années d’existence. L’Association des anciens du CIC, l’AACIC, entend faire de cette commémoration davantage qu’une succession de cérémonies : un programme de mémoire institutionnelle, de mobilisation intellectuelle et d’investissement durable au bénéfice des générations actuelles et futures.

Les orientations publiées dans AACIC-Magazine, la revue trimestrielle de l’Association, présentent un dispositif associant Haïti et la diaspora. Un gala hybride est annoncé pour le 5 décembre 2026, notamment en Floride, aux Gonaïves et dans d’autres communautés cicéennes établies à l’étranger. Une messe solennelle devrait également être célébrée dans la cité de l’Indépendance, avec la participation des responsables du Collège et des Clercs de Saint-Viateur. Le 8 décembre, une cérémonie virtuelle permettra aux anciens incapables de se déplacer de prendre part à l’événement.

Le programme repose sur le thème : « 1966-2026 : CIC, déjà soixante ans ! Avec confiance, avançons fermement ! » Derrière cette formule apparaît une ambition plus large : réunir les promotions dispersées, rapprocher les anciens élèves de la direction actuelle et inscrire l’anniversaire dans une politique éducative appelée à produire des résultats au-delà de décembre 2026.

Créée à New York en septembre 1989, l’AACIC affirme constituer l’organisation centrale des anciens du Collège, les regroupements établis dans les différents pays étant appelés à fonctionner comme des chapitres de l’association mère. Sa présidente, Diana Augustin, a lancé un appel au rassemblement de toutes les générations, de la première à la cinquante-neuvième promotion, tout en invitant les élèves actuels et les nouveaux admis à intégrer cette dynamique.

L’Association revendique déjà trente-sept années d’intervention dans la vie de l’établissement. Ses contributions concernent notamment les bourses scolaires accordées à des élèves issus de familles disposant de faibles ressources, ainsi que l’appui à la cantine, à l’infirmerie et aux activités sportives. Elle organise aussi, le quatrième samedi de chaque mois, des conférences virtuelles réunissant universitaires, professionnels, anciens élèves et amis du CIC autour de questions éducatives, sociales et culturelles.

Le soixantième anniversaire devrait également comporter des concours de poésie, de musique et de production écrite autour du thème « Voyages dans le temps et cap sur l’avenir ». Trois catégories de participants sont envisagées : les élèves du CIC, les anciens de l’établissement et le grand public, notamment les jeunes fréquentant d’autres écoles des Gonaïves, de l’Artibonite et du reste du pays.

Cette ouverture donne à la célébration une dimension qui dépasse la communauté cicéenne. Elle place le Collège au centre d’une réflexion sur la transmission du savoir, la créativité de la jeunesse et la responsabilité sociale des institutions scolaires. Les critères de sélection, la composition des jurys, le montant des prix et les règles de participation devront cependant être publiés afin de garantir la transparence des concours et l’égalité entre les candidats.

Parmi les propositions les plus ambitieuses figure le Grand Livre du Soixantième du CIC, envisagé sous une forme numérique et éventuellement imprimée. L’ouvrage devrait rassembler les noms des fondateurs, directeurs, enseignants, élèves, employés et personnalités ayant contribué à l’histoire du Collège. Des témoignages, des poèmes, des photographies, des textes d’anciens et des interventions de responsables pourraient compléter cette archive collective.

La réalisation d’un tel ouvrage exigera toutefois un travail méthodique de collecte et de vérification. Les listes de promotions, les dates, les fonctions exercées et les documents photographiques devront être authentifiés afin d’éviter les omissions ou les erreurs historiques. La constitution d’un comité d’archives, associant enseignants, historiens, responsables administratifs et représentants des différentes générations, offrirait au projet une assise documentaire plus solide.

L’AACIC devra également préciser la gouvernance financière du soixantième anniversaire. La publication d’un budget, d’un calendrier d’exécution, de rapports périodiques et d’un état détaillé des contributions permettrait de renforcer la confiance des anciens et des partenaires. Une commémoration de cette ampleur engage la réputation du Collège autant que la responsabilité fiduciaire de ceux qui administrent les ressources collectées en son nom.

Le succès de l’événement ne se mesurera donc pas seulement au nombre de participants, de discours ou de galas organisés. Il dépendra surtout des réalisations laissées après la célébration : un fonds permanent de bourses, des archives numériques, une bibliothèque modernisée, un programme de mentorat, un appui technologique aux élèves ou des installations sportives mieux structurées.

Soixante années d’existence confèrent au CIC une place particulière dans l’histoire éducative des Gonaïves. L’anniversaire prendra sa pleine valeur si la mémoire des anciennes promotions devient un instrument de formation, si l’attachement à l’Alma Mater produit des investissements vérifiables et si l’unité recherchée se traduit par une gouvernance ouverte, inclusive et responsable.

cba

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