Le gouvernement haïtien a officiellement lancé, le samedi 18 juillet 2026, les travaux du futur Salon diplomatique de l’Aéroport international du Cap-Haïtien, un projet présenté comme la première phase d’un vaste programme de modernisation évalué à plus de 6,5 millions de dollars américains. Les ministres des Travaux publics, Joseph Almathe Pierre-Louis, et des Affaires étrangères, Raina Forbin, ont mis en avant une vision de modernisation des infrastructures aéroportuaires. Toutefois, cette annonce soulève déjà de nombreuses interrogations quant aux véritables priorités de l’État dans un contexte marqué par une crise économique, sécuritaire et institutionnelle sans précédent.
Au-delà de l’effet symbolique de la pose de la première pierre, plusieurs observateurs s’interrogent sur l’opportunité d’un investissement aussi important, alors que les besoins les plus urgents concernent notamment la sécurité des voyageurs, les équipements opérationnels, les services publics de base et les infrastructures essentielles. Si le gouvernement évoque un programme global, la communication officielle met principalement en avant la construction d’un Salon diplomatique, sans fournir de détails précis sur les études techniques, le calendrier d’exécution, les appels d’offres, les entreprises retenues ou les mécanismes de contrôle des fonds publics.
Cette initiative intervient également alors que les bilans des ministres Joseph Almathe Pierre-Louis et Raina Forbin font déjà l’objet de nombreuses critiques. Plusieurs dossiers relevant de leurs administrations demeurent en suspens, tandis que les résultats concrets peinent à convaincre une partie de l’opinion publique. Dans ce contexte, certains analystes se demandent si ce projet constitue une véritable avancée stratégique ou s’il vise surtout à redorer l’image de responsables gouvernementaux confrontés à des critiques grandissantes sur leur capacité à produire des résultats tangibles.
En attendant le démarrage effectif des travaux, une série de questions reste ouverte : d’où proviennent exactement les 6,5 millions de dollars annoncés? Quel sera le coût réel de chaque composante du projet? Quels mécanismes garantiront la transparence dans l’utilisation de ces fonds? Et surtout, les autorités seront-elles en mesure de livrer les infrastructures promises dans les délais annoncés? Dans un pays où plusieurs projets publics ont accumulé retards, dépassements de coûts ou sont restés inachevés, les citoyens semblent attendre davantage que des cérémonies protocolaires : ils réclament des réalisations concrètes, des comptes et des résultats mesurables.
Guyno DUVERNE


