20 octobre 2026
Le projet de l’invasion : un stratagème trop mal conçu pour ne pas être déjoué
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Le projet de l’invasion : un stratagème trop mal conçu pour ne pas être déjoué

LE PROJET DE L’INVASION : UN STRATAGÈME TROP MAL CONÇU POUR NE PAS ÊTRE DÉJOUÉ

Par Ducasse Alcin

Les dés sont jetés ! Le gouvernement américain met les bouchées doubles afin de matérialiser son rêve : celui d’envoyer une force d’intervention en Haïti. La requête a été formulée par le Premier ministre haïtien en personne. Officiellement, Ariel Henry lance des signaux de détresse à Washington parce qu’il a désespérément besoin de son aide. Il cherche un petit coup de main afin de venir à bout du climat d’insécurité délétère qui visiblement dépasse les limites capacitaires de son gouvernement. Se pourrait-il que derrière ce prétendu combat contre l’insécurité se cachent d’autres intérêts inavouables et inavoués ?

Il semble que les Américains n’attendaient que ce mot de passe pour agir. En fait, la diplomatie américaine s’agite tant sur ce dossier que le Secrétaire d’État américain, Antony Blinken, est en train de faire le pèlerinage partout où il croit pouvoir rallier le support. Mais jusque-là ses efforts se heurtent à un obstacle majeur : personne ne semble vouloir s’embarquer dans cette logique d’occupation.

On se souvient que seulement quelques semaines de cela, l’administration Biden en est sortie bredouille aux Nations-Unies après la rebuffade de la Chine et de la Russie. Démontrant une claire compréhension de la conjoncture haïtienne, la Russie a indiqué qu’elle craint que cette force d’intervention ne serve pas à d’autres objectifs que ceux pour lesquels on entend la déployer.

En dépit de cette claque, les Américains n’ont pas baissé les bras pour autant. Ils changent de stratégie. L’objectif maintenant est de relocaliser la question sur le terrain régional.

C’est ce qui explique le dernier périple du chef de la diplomatie américaine à Ottawa dans le but de convaincre un Justin Trudeau hésitant à assurer la commande de cette force d’occupation. Mais lui non plus ne veut pas toucher à cette patate chaude qu’est le dossier d’Haïti.

La grande question est donc la suivante : pourquoi l’Oncle Sam se montre-t-il si obstiné à dépêcher des troupes sur la terre de Dessalines ?

Pour justifier l’invasion, les États-Unis avancent comme prétexte la situation kafkaïenne du pays qui est la résultante directe de la violence aveugle qui gangrène la société haïtienne. Mais, pour beaucoup d’observateurs, il s’agit d’un prétexte fallacieux, pourquoi ?

La première zone d’ombre a trait au timing de cette intervention. En effet, le plan d’invasion intervient à un moment crucial où le peuple occupe le macadam pour conspuer quasi- quotidiennement contre ce régime sadique au pouvoir. Hormis les Américains qui veulent s’en tenir au statu quo, tout le monde se met d’accord pour dire que le dénouement de la crise passe obligatoirement par le départ d’Ariel Henry.

Les Haïtiens ne se font pas dupes. Ils interprètent cette intervention comme un gilet de sauvetage lancé à Ariel Henry qui est en train de se noyer.

S’il était vraiment question de voler au secours du pays, la démarche américaine prendrait d’autres formes. Or, l’on sait que les États-Unis et les autres États soi-disant « amis d’Haïti » ont leur part de responsabilité dans ce qui se passe chez nous.

On ne devrait pas chercher midi à quatorze heures pour comprendre pourquoi. Il faut juste se rappeler que les Américains sont le créateur du monstre. Ils ont trop longtemps cautionné cette politique sadomasochiste pratiquée par le PHTK et son Caïd en échange des avantages faramineux dont seul le temps révélera l’ampleur.

C’est d’ailleurs une constante dans la politique extérieure américaine de placer à la tête des pays faibles des dirigeants à l’échine souple, afin qu’ils puissent se plier à leur quatre volontés. Depuis 2012, les États-Unis ont mis tout leur poids dans la balance afin d’imposer ces régimes caricaturaux au peuple haïtien.

La stratégie est simple : avec ces crapules au timon des affaires, ils ont plus de chance de maintenir leur politique néo-coloniale doublée d’un racisme patent en Haïti. Si elle venait à se réaliser, cette intervention permettrait donc aux Américains de pérenniser la présence de cette horde de loups rapaces qu’incarne le sordide régime au pouvoir.

Faut-il rappeler que Haïti en est à son énième intervention étrangère de son histoire de peuple. Toutes les précédentes ont fini en fiasco. Aucune d’elles n’a été la bonne formule aux problèmes épineux du pays.

Au contraire, ces invasions ont plutôt contribué à susciter encore davantage de calamités pour le peuple. En témoignent le choléra, des agressions sexuelles sur mineurs ainsi que la prolifération des armes dans les quartiers populeux.

Les États-Unis devraient se récuser dans le dossier d’Haïti, pour s’être révélés ceux qui, au premier chef, nous ont foutus dans ce merdier. On ne peut pas être pyromane et sapeur-pompier en même temps. Cela ne sied pas à la logique cartésienne. Il s’ensuit que l’Oncle Sam perd toute crédibilité dans la crise haïtienne.

S’ils souhaitaient vraiment aider à dénouer la crise, il y a bien d’autres mécanismes qu’ils pourraient utiliser. La crise haïtienne est avant tout une crise politique réclamant une solution politique. Tout dénouement de la situation devrait passer par le « déchoukaj » de cet apatride sans honneur et sans dimension politique à la tête du pays. Or, c’est justement ce que craignent les Américains. Ils veulent priver le peuple de son droit sacré et inaliénable à l’autodétermination.

Tout n’est pas encore joué. On peut pousser le gouvernement américain à rectifier le tir à travers les manifestations qui doivent se poursuivre à travers le pays. D’ailleurs, si le Canada a choisi de désister c’est en réponse à la pression de la rue. Il faut faire comprendre aux Américains qu’on comprend leur sale petit jeu en continuant de faire monter la pression afin de contrecarrer leur vilain stratagème.

Ducasse Alcin

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