20 octobre 2026
HAÏTI — La presse salvadorienne dénonce le silence de Fils-Aimé sur les quatre militaires disparus ; le Washington Post révèle qu’ils seraient partis faire des achats avant l’embuscade
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HAÏTI — La presse salvadorienne dénonce le silence de Fils-Aimé sur les quatre militaires disparus ; le Washington Post révèle qu’ils seraient partis faire des achats avant l’embuscade

Fils-Aimé : la peur va changer de camp

Port-au-Prince, mardi 20 octobre 2026 — Le silence assourdissant du gouvernement de doublure d’Alix Didier Fils-Aimé concernant la disparition de quatre militaires salvadoriens, dimanche 18 octobre, à Santo, dans la commune de Croix-des-Bouquets, fait désormais l’objet d’une couverture critique dans la presse de San Salvador. Le quotidien La Prensa Gráfica, reprenant une dépêche de l’agence EFE publiée ce mardi, constate que ni la Primature haïtienne ni la Force de répression des gangs (FRG) n’ont fourni de nouvelles explications publiques sur le sort des quatre hommes.

 Parallèlement, le Washington Post publie une révélation susceptible de modifier la compréhension des circonstances de cette embuscade : les militaires auraient quitté leur base pour effectuer des achats, avant de s’égarer dans un territoire contrôlé par les organisations criminelles, lesquelles, selon la presse salvadorienne, sont renforcées en 2011 après l’électricien de Michel Martelly. 

Selon le Washington Post, qui cite un responsable des Nations unies s’exprimant sous couvert d’anonymat, les quatre techniciens aéronautiques salvadoriens ne participaient à aucune opération militaire régulière au moment de leur disparition. Ils seraient partis faire des courses et auraient emprunté, vraisemblablement par erreur, un itinéraire traversant une zone sous contrôle des gangs. Cette version rejoint les informations précédemment rapportées par le quotidien salvadorien Diario El Mundo, citant Le Nouvelliste, selon lesquelles les militaires recherchaient un supermarché à l’aide de Google Maps lorsqu’ils se seraient retrouvés à Santo 17. Cette sortie aurait été effectuée sans notification préalable à la Police nationale d’Haïti (PNH), selon des sources gouvernementales citées par la presse. Ces circonstances demeurent à établir officiellement.

L’embuscade aurait été menée par des membres de Chyen Mechan, dans une zone où opère également le gang 400 Mawozo.

 Les assaillants ont ouvert le feu et utilisé des explosifs contre le véhicule transportant les quatre Salvadoriens, qui auraient réussi à s’en extraire avant de perdre tout contact avec leur commandement. Selon le Washington Post, les recherches se poursuivent sous la protection d’hélicoptères, eux-mêmes visés par des tirs. Une source proche des opérations évoque également la possibilité d’un renforcement du contingent salvadorien. Malgré les informations faisant état d’une éventuelle capture, aucun décès ni aucune exécution n’ont été officiellement confirmés. Le porte-parole de la FRG, Igor Rugwiza, affirme que les circonstances de l’incident font toujours l’objet de vérifications.

Cette affaire place le gouvernement pope twèl de Fils-Aimé devant de nouvelles interrogations concernant la sécurité et la coordination des forces internationales déployées en Haïti. Comment quatre militaires étrangers, membres d’une mission chargée de combattre les gangs, ont-ils pu pénétrer dans une zone criminelle sans dispositif de protection adéquat ? Qui avait autorisé leur déplacement et quelles consignes opérationnelles leur avaient été communiquées ?

 Tandis que la presse salvadorienne réclame des informations sur leur sort et que Washington promet de contribuer à leur retour, les autorités haïtiennes n’ont toujours pas présenté de bilan public détaillé de cet incident. L’embuscade intervient pourtant au moment où l’exécutif continue d’annoncer le rétablissement de la sécurité en vue d’élections dont le calendrier actualisé demeure incertain.

Sources : La Prensa Gráfica, 20 octobre 2026 ; The Washington Post, enquête de Widlore Mérancourt publiée le 20 octobre à 8 h 10 ; Diario El Mundo, 19 octobre 2026.

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