Port-au-Prince, mardi 20 octobre 2026. — Des barricades enflammées ont été érigées ce mardi sur la chaussée à Delmas, où des manifestations traduisent la montée du mécontentement populaire à l’égard du gouvernement de doublure d’Alix Didier Fils-Aimé. Ces protestations, survenues après son récent et discret déplacement à Washington, s’accompagnent de revendications concernant le rétablissement de la sécurité, le retour des personnes déplacées dans leurs quartiers et le respect des engagements gouvernementaux.
Des manifestants réclament également son départ, selon les informations accompagnant une séquence diffusée par des cameramen amateurs.
La mobilisation intervient au lendemain d’une première journée de protestation organisée par des déplacés de Solino et de Delmas 24. Ces familles réclament notamment le versement d’une aide de 100 000 gourdes promise par les autorités. L’incapacité persistante de l’État à garantir la sécurité des populations et les incertitudes entourant l’organisation des élections libres et honnêtes alimentent également les critiques adressées au pouvoir de facto.
Le déplacement du Premier ministre à Washington, où il a rencontré le secrétaire général de l’Organisation des États américains (OEA), Albert Ramdin, s’était effectué sans annonce préalable de la Primature. Depuis son retour, aucune communication officielle détaillée sur les résultats de cette mission n’a été identifiée. Son intervention à l’occasion de la commémoration de l’assassinat de Jean-Jacques Dessalines n’a pas davantage dissipé les interrogations concernant les perspectives de rétablissement de l’autorité publique.
Cette contestation survient également deux jours après l’embuscade meurtrière du 18 octobre à Santo, dans la commune de Croix-des-Bouquets, contre un véhicule de la Force de répression des gangs (FRG). Quatre militaires salvadoriens demeurent portés disparus, selon les informations publiées mardi par la presse salvadorienne. Aucune communication détaillée du gouvernement haïtien sur leur sort n’a été identifiée, malgré la gravité de cet incident impliquant des membres du contingent international engagé contre les groupes armés.
Entre les barricades de Delmas, les familles chassées de leurs domiciles et l’incertitude entourant le sort des quatre Salvadoriens, Fils-Aimé fait face à de nouvelles demandes d’explications sur sa politique sécuritaire. Les autorités n’ont toujours pas précisé comment elles entendent garantir les conditions permettant à la population de participer librement à un éventuel scrutin national.

