22 octobre 2026
Quelle réponse endogène aujourd’hui pour Haïti ?
Actualités Société

Quelle réponse endogène aujourd’hui pour Haïti ?

par Abner Septembre

Mercredi 7 septembre 2022 ((rezonodwes.com))–

Haïti, terre de lumière universelle qui a jailli des entrailles ténébreuses de l’esclavage infrahumain de l’occident sur la terre d’Amérique, traverse un moment très difficile sans précédent. 

L’inégalité aiguë et l’injustice sociale rappelant en grande partie le système colonial, la corruption, l’impunité, l’insécurité, le marasme économique, la  dégradation  accélérée  de  l’environnement,  la  misère,  le  dysfonctionnement  et  la  faillite  des  institutions républicaines,  morales  et  éducatives,  etc.  sont  entre  autres  les  indices  qui  sous-tendent  cette  triste  réalité. Aujourd’hui, Haïti devient un état paria exposé à la risée et à la xénophobie de gens qui, s’ils connaissaient leur histoire, auraient du plutôt lui témoigner leur reconnaissance.

Le peuple vit dans le dénuement matériel le plus abject et subit toutes sortes d’atrocités.  Il est abandonné par les dirigeants qui sont appelés à l’encadrer pour le faire évoluer.  Les riches font leur beurre, en s’adonnant à la spéculation monstrueuse de toutes sortes, au lieu de créer des emplois et des richesses.   L’élite et l’industrie politicienne se montrent incapables d’offrir une solution potable.

L’État,  c’est  d’abord  Nous  peuple  qui  avons  délégué  aux  pouvoirs  publics,  exécutif,  judiciaire  et  législatif,  le monopole de la violence, légitimé à travers la constitution et des lois d’application qui en font théoriquement un pays souverain. Mais, quand ces pouvoirs ont failli à leur mission et quand le système démocratique qu’ils incarnent  s’est  révélé  un  grand  mensonge  qui  apporte  au  peuple  désarrois,  déboires,  recul  et  avilissement, alors qu’il profite à une minorité sélective qui concentre entre ses mains savoir, avoir et pouvoir, il lui revient de reprendre son pouvoir d’état pour réorienter la marche de la nation. Comment alors y parvenir ?

Dans les conditions actuelles, ce n’est pas le moment de s’embarrasser et de se faire piéger dans un processus démocratique made in international. Il faut neutraliser à tout prix l’interférence externe, se protéger du chant des  sirènes  et  du  « caméléonnage »  de  l’élite  de  tout  poil  qui  ne  jure  que  par  le  statu  quo.  Il  faut  un  autre leadership  progressiste  et  patriotique,  capable  de  travailler  pour  le  peuple  et  défendre  les  intérêts  du  pays. Que les paysans, la masse et la classe moyenne souffrante trouvent un autre Dessalines, Goman, Accaau, ou Péralte, guidé par un esprit salnaviste, une intrépidité salomoniste et une efficacité estimiste, pour remettre le pays sur ses rails.

Face  au  système  atroce  qui  s’est  révélé  une  vraie  sangsue  pour  le  peuple,  point  besoin  de  continuer  à  se plaindre,  à  dénoncer,  à  crier  au  secours  et  à  manifester  pacifiquement,  en  se  fatiguant  dans  les  rues,  en s’exposant  au  gaz  lacrymogène,  à  des  arrestations  arbitraires,  aux  balles  assassines  préméditées  ou  non,  ni même à demander le départ d’un gouvernement. Le peuple reprend sans préavis le pouvoir, cela par tous les moyens en son pouvoir.   Il arrive un moment où il faut tout simplement se faire iconoclaste pour casser l’état actuel pourri, opérer une chirurgie qui nettoie la nation des apatrides, restructurer le nouvel état et négocier avec l’incontournable international un nouvel ordre de cohabitation et de coopération.

Le  pays  possède  suffisamment  de  ressources  pour  se  prendre  en  charge  et  amorcer  une  nouvelle  ère  qui inspire  confiance  aux  investisseurs  d’ici  et  d’ailleurs,  nationaux  et  internationaux.  N’est-ce  pas  avec  les ressources locales que les américains ont financé durant l’occupation un ensemble d’infrastructures et d’autres réalisations,  ou  qu’Estimé a réalisé  en  un  temps  record  des  projets  extraordinaires. 

Il  faut  donc commencer par imposer la dictature des taxes, cela à tous les niveaux, par valoriser nos atouts socioculturels et historiques ainsi que nos ressources naturelles, tout en combattant par la peine de mort les corrompus et les corrupteurs, les kidnappeurs, les gangsters, les apatrides, etc. Les taxes serviront à la fois à financer les services publics, les infrastructures  et  la  production.  Il  faut  donc  une  vision  progressiste  de  l’état  et  de  l’art  de  gouverner,  qui réponde aux ambitions et aspirations profondes des Haïtiens, leur donnant des raisons d’espérer et la fierté de leur origine. 

Il revient aux citoyens de se mobiliser par région pour la décentralisation et l’autonomie dans une Haïti indivisible, et pour la concrétisation d’une éducation à la kantienne, qui prépare les enfants « non d’après l’état présent de l’espèce humaine, mais d’après son état futur possible et meilleur, conformément à l’idée de l’humanité et à sa destination totale ».

Abner Septembre,

Sociologue, 6/9/2022

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

Ce site utilise Akismet pour réduire les indésirables. Découvrez comment les données de vos commentaires sont traitées.