Au tournant d’un contexte sociopolitique corsé, seul un dialogue franc et sincère peut aider à adresser les crises, prescrivent des intervenants au lancement, jeudi, du 5ème numéro de la Revue de l’Université de Technologie d’Haïti (UNITECH).
Dimanche 4 septembre 2022 ((rezonodwes.com))–
Le panel de conférenciers, formé d’universitaires, entendait scruter la thématique du dialogue et du dialogue politique à la croisée de la réalité qui s’impose. Pour le professeur Jérôme Paul Eddy Lacoste, la nation devrait s’unir contre deux dossiers fondamentaux. Il évoque une entente pour la sécurité et une entente pour combattre la corruption.
Le responsable du département du Service social à la Faculté des sciences humaines (FASCH), déplore que la thématique de l’insécurité soit sujet dominant des étudiants pour réfléchir sur la conjoncture. Bon nombre d’étudiants ont perdu leurs proches et d’autres ont été contraints d’abandonner la FASCH, se plaint-il.
Dans son papier titré « Dialogue, production intellectuelle et vivre ensemble en Haïti », il a fait l’historicité du dialogue depuis la civilisation africaine et esclavagiste pour peindre le miroir actuel.
« Notre pays fait face à une situation critique. La violence produit des dégâts incommensurables dans notre société avec la valse de kidnappings et du braquage des malheureux se rendant dans leurs activités quotidiennes. Un Président en fonction est assassiné chez lui. L’horizon politique n’est guère rassurant. Plus que jamais, il est impératif de puiser dans notre histoire et notre culture du dialogue et de la concertation », a-t-il prescrit.
La reconnaissance de l’autre par les élites est fondamentale dans le rétablissement du dialogue, prône le professeur Hancy Pierre. Sa lecture de la réalité à travers son texte « Haïti : Dialogue national et projets de rupture », examine l’ingérence internationale dans la vie politique en Haïti.
« Il revient une part active aux élites dominantes dans l’exercice d’un projet national susceptible de consensus ou de réformes de médiation. Le caractère prédateur de l’État ne prête pas à cette garantie de consensus sinon à l’imposition de l’arbitrage, la négociation de marché politique ou l’exercice de modèles répressifs et autoritaires à travers des missions de Paix des Nations-Unies et des interventions militaires », écrit-il.
Le professeur Yves Fausner Paul, dans un éditorial au vitriol, peint le tableau déprimant de la réalité socioéconomique du pays comme une l’œuvre d’une élite.
« Un pays où une minorité de familles riches vivent dans le luxe et opulence pendant que la grande majorité patauge dans la misère la plus noire. Un pays où l’on ne se met jamais d’accord sur les désaccords. Un pays où instabilité de l’État, désordre institutionnel et dépravation des mœurs sont monnaie courante Un pays où tout est mensonges calculés », dresse le doctorant en Sciences humaines et sociales.
Pour le professeur Josselin Val, recteur de l’Université de Technologie d’Haïti (UNITECH), l’approche du dialogue par la philosophie se révèle un instrument pour la démocratie. Sa réflexion intitulée « Philosophie du dialogue, un écho retentissant de la démocratie », transpire la nécessité de cultiver le dialogue.
« Les acteurs sociaux, politiques économiques et culturels doivent s’engager dans le dialogue dans la perspective de résoudre les problèmes sociétaux. La direction de la Cité de la fréquentation du dialogue des acteurs. L’avenir même d’un peuple est garanti par la croyance des protagonistes dans le dialogue », analyse-t-il.
Hervé Noel

