Par Raphaël Isaac
Diplômé en droit et science politique
Lundi 27 avril 2020 ((rezonodwes.com))– Avec près de deux cents mille morts et plus de deux millions de personnes infectées dans le monde, le Covid-19 part pour être l’une des plus grandes catastrophes sanitaires et économiques que le monde moderne n’ait connue. Pire que la crise économique de 1919, aussi effrayant que la grippe espagnole, le Covid-19 est sur le point de battre tous les records.
Cette crise, au départ sanitaire, a pris tout le monde de court, y compris les dirigeants des nations les plus organisées du monde. Tant de morts, tant de chaumeurs, tant de laissés-pour-compte en à peine trois mois, même les esprits les plus vifs d’entre nous ne pouvaient imaginer avec exactitude, que le Covid-19 aurait pu causer autant de dégâts en vie humaine et sur l’économie mondiale.
Chute vertigineuse du prix du pétrole sur le marché mondial, effondrement des principales places boursières, des dizaines de milliers d’entreprises au bord de la faillite, plus de 26 millions de chômeurs aux États-Unis, tous les prémices d’une dépression semble être réunis.
La réalité du capitalisme mondial et notamment étasunien, vient d’être mise à nue. Pour reprendre Dominique Strauss-Kahn dans un article publié dans le club des juristes « Cette crise porte atteinte au confort douillet dans lequel, les pays développés se sont progressivement lovés. »
En effet, certains pays, à l’image de la France, de l’Italie et a plus forte raison, des États-Unis d’Amérique se sont brusquement rendu compte qu’ils ne sont puissances, que de nom ! Avec une quasi faillite de leur système sanitaire, des millions de chaumeurs et de pauvres qui peinent à se nourrir, le capitalisme et ses fondements les plus solides se trouvent en un trait de temps, agonisant !
À l’inverse et sans surprise aucune, des dirigeants haitiens en profitent et se donnent à cœur joie pour asseoir davantage leur main mise sur nos institutions et nos maigres ressources financières. Ainsi, on comprend rapidement qu’en Haïti, que le très populaire proverbe français » le malheur des uns, fait le bonheur des autres, » est bien plus qu’un simple proverbe sinon, une criante réalité.Le petit peuple souffre, agonise, crie famine et au pouvoir Phtk et ses acolytes de dilapider à vue d’œil les fonds publics.
Plus d’un million deux cents mille dollars américains dépensés au quotidien au nom de la lutte contre le Covid-19, et paradoxalement, nos centre hospitaliers sont en manques de masques, de personnels, de lits, et de respirateurs artificiels. Jamais un sans deux, comme pour les fonds petrocaribe, ces millions vont garnir les comptes en banque des caciques du pouvoir tèt kalé.
En effet, après l’échec du « pays lock » des manifestations populaires, de la dissolution du parlement, de la mise hors état de « nuire » des leaders de l’opposition, le confinement vient parachever toute une panoplie de moyens dont disposait Jovenel pour asseoir son régime autocratique. Impossible n’est plus désormais Jovenel Moïse !
Sûr, de n’avoir plus de compte à rendre personne et ce, du fait de la dissolution du parlement, de sa main mise sur le pouvoir judiciaire, ce dernier se permet, alors même que le pays frise la famine, de préparer la réélection de son mentor et prédécesseur Joseph Michel Martelly.
Désormais seul maître à bord, Jovenel Moïse se croit tout permis.Récemment lors d’un point de presse, son ministre de l’injustice vient de donner soixante douze heures aux habitants du « village de Dieu » pour se déguerpir ou de se faire massacrer.
En un mot, seul compte pour le pouvoir en place, les prochaines joutes électorales. Nes ouvriers, nos enfants de rue, nos trois cents mille restaveks, nos braceros en République dominante, notre jeunesse en détresse peuvent toujours attendre. Les pouvoirs publics n’en ont cure de leur sort.
La preuve en est grande, quand toutes les institutions publiques et privées sont à l’arrêt, des milliers de personnes partout sur le territoire font la queue, sans aucun respect des mesures de distanciations sociales, pour se procurer une carte d’identité dite » carte dermalogue. »
Des régimes aux dirigeants désinvoltes, notre pays en a connus des dizaines. Mais, le régime actuel ne ressemble que partiellement les régimes que notre pays a connus dans le temps parce qu’il a institutionnalisé et sans gêne, la corruption, la médiocrité, les conflits d’intérêts et le cynisme en politique.Haïti n’a pas vocation à avoir à sa tête ses médiocres au superlatif.
Aucun pouvoir n’est éternel. L’empire romain en est la preuve vivante.Notre pays, comme le Phoenix, retrouvera sa grandeur passée.
Isaac Raphaël Dieuphene

