Le président Jovenel Moise, s’il souhaite vraiment être pris au sérieux dans ses déclarations, pour le moins convaincantes, devrait exiger en tout premier lieu l’arrestation de Gracia Delva, un de ses inconditionnels alliés, accusé d’être un « auteur intellectuel » d’une petite virée du chef de gang, Arnel Joseph, au Champ-de-Mars, en février dernier. Le président devrait également prendre ses distances avec Fritz Jean-Louis qui aurait rendu visite à des chefs de gang au point qu’il a failli laisser sa peau…Tous ces commentaires sont reproduits en ligne à travers des discussions sur des réseaux sociaux.
Jeudi 30 janvier 2020 ((rezonodwes.com))– Le Réseau national pour la défense des droits de l’homme en Haïti (Rnddh) a dénoncé l’augmentation de l’insécurité dans le pays et a qualifié la situation d’intolérable.
Pierre Esperance, directeur exécutif de la plateforme, rapporte Prensa Latina, a critiqué le fait que les gangs armés opèrent dans la région métropolitaine en toute impunité, et a révélé leur complaisance avec certaines autorités, alors que le président Jovenel Moise, pour se démarquer, a indexé, sans les citer, certains de ses opposants comme des « auteurs intellectuels » des actes d’insécurité en Haïti.
Jovenel Moise oubliant que son mentor et bienfaiteur Michel Martelly s’est fait appeler « bandit légal » et auteur de chansons à 100% sh***, a cherché en vain à retirer le projecteur sur ses collaborateurs accusés directement de complicité avec des bandits dans plusieurs massacres en Haïti, notamment à La Saline et plus de 4 fois au Bel-Air en 2019.
« La situation est intolérable« , a insisté le défenseur des droits de l’homme soulignant que sa solution devrait interpeller toute la société.
Ces dernières années, le pays connaît une augmentation constante de l’insécurité, exacerbée par la crise sociale et économique, la perte de milliers d’emplois et les luttes politiques.
Les experts soulignent que les gangs ont élargi leurs zones de contrôle, en particulier à Port-au-Prince et dans d’autres villes principales, malgré le travail de la police.
La veille, le président haïtien Jovenel Moïse a réitéré sa promesse de lutter contre ce fléau qui a fait des centaines de morts en 2019. Entre-temps, des « auteurs intellectuels » du massacre de La Saline, proches amis du président, courent encore les rues.


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