9 septembre 2026
Haïti | CEP : trois présidents en moins de deux ans, Peterson Pierre-Louis succède à Jacques Desrosiers
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Haïti | CEP : trois présidents en moins de deux ans, Peterson Pierre-Louis succède à Jacques Desrosiers

Peterson Pierre-Louis viendrait-il annoncer à Alix Didier Fils-Aimé que les élections du 13 décembre ne sont désormais plus possibles, là où Jacques Desrosiers n’aurait pas vu venir l’impasse ? Quel est, au juste, le plan final de la Primature, accusée de manœuvrer l’institution électorale au gré de ses intérêts politiques, au point de transformer le CEP en véritable « École des fans », avec trois présidents en moins de deux ans ?

PORT-AU-PRINCE, 9 septembre 2026 — Le Conseil électoral provisoire (CEP) change une nouvelle fois de président. Peterson Pierre-Louis, représentant des Cultes réformés et jusque-là secrétaire général de l’institution, succède à Jacques Desrosiers, représentant des associations de journalistes, à l’issue de deux journées de réunions entre conseillers électoraux, notamment à l’hôtel Montana.

Cette nouvelle recomposition porte à trois le nombre de présidents ayant dirigé le même CEP en moins de deux ans. Patrick Saint-Hilaire, représentant de la Conférence épiscopale d’Haïti, avait d’abord présidé l’institution avant son départ en septembre 2025. Jacques Desrosiers lui avait succédé en octobre de la même année. Moins d’un an plus tard, la présidence revient désormais à Peterson Pierre-Louis.

Le changement intervient quelques jours après le retour de Peterson Pierre-Louis d’une mission officielle au Canada consacrée notamment au projet de vote de la diaspora. Encore secrétaire général du CEP, il avait participé à des rencontres avec Affaires mondiales Canada, Élections Canada ainsi qu’avec la sénatrice Suze Youance autour des mécanismes d’inscription, de l’intégrité du scrutin et des modalités techniques envisagées pour permettre à certains Haïtiens établis à l’étranger de participer au processus électoral.

La succession rapide des présidences remet au centre la question de la rotation du bureau du CEP, argument déjà invoqué lors de la précédente recomposition. Une rotation périodique constitue-t-elle une simple modalité administrative prévue par les règlements internes ou devient-elle un instrument permettant de redistribuer le contrôle du centre décisionnel de l’institution au gré des rapports de force politiques ?

Après la représentation catholique, puis celle de la presse, les Cultes réformés prennent à leur tour la direction du Conseil. Le changement de secteur représenté ne modifie cependant ni la composition fondamentale du CEP ni les interrogations entourant son indépendance, au moment où le gouvernement continue de promouvoir des élections annoncées pour le 13 décembre 2026 dans un environnement sécuritaire et territorial profondément dégradé.

Trois présidents en moins de deux ans : faut-il y voir la manifestation normale d’une gouvernance collégiale ou le symptôme d’une institution dont la direction demeure constamment exposée aux recompositions politiques ? À quelques semaines d’un scrutin dont la faisabilité reste contestée, la stabilité du CEP devient elle-même un élément central du débat sur la crédibilité du processus électoral.

cba / Rezo Nòdwès

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