TPS Haïti — Après la mort de Pierre Damas Bel, Ayanna Pressley somme le Sénat d’agir « sans délai »
Ayanna Pressley Mourns Pierre Damas Bel, Haitian TPS Holder and Student Athlete Who Died of Suicide
WASHINGTON, 4 septembre 2026 — La représentante démocrate Ayanna Pressley a invoqué, jeudi à la Chambre des représentants, la mort de Pierre Damas Bel, jeune Haïtien de 20 ans installé dans l’Ohio, pour renouveler son appel au Sénat américain en faveur d’une législation rétablissant le Statut de protection temporaire (TPS) pour les ressortissants haïtiens. Coprésidente du House Haiti Caucus, l’élue du Massachusetts a consacré son intervention du 3 septembre à la mémoire du jeune étudiant, dont la famille associe la profonde détresse des dernières semaines à la perte de sa protection migratoire et au port imposé d’un bracelet électronique de surveillance.
Pierre Damas Bel, arrivé aux États-Unis en 2024 pour rejoindre ses parents, venait d’obtenir son diplôme de fin d’études secondaires avec mention à Springfield, dans l’Ohio. Joueur de football et membre du programme JROTC, il avait récemment commencé ses études à Wright State University et envisageait une carrière dans le domaine médical. Le 31 août, son véhicule a été retrouvé sur l’Interstate 70 avant qu’il ne soit mortellement percuté après être entré sur les voies de circulation. L’Ohio State Highway Patrol a indiqué qu’une enquête était en cours. Sa famille et des responsables communautaires considèrent son décès comme un suicide, tout en établissant un lien entre sa détresse psychologique et les mesures migratoires auxquelles il était soumis.
À la tribune de la Chambre, Pressley a directement imputé à la politique migratoire de l’administration Trump une part de responsabilité politique dans le drame. Elle a rappelé que Bel aimait le football et souhaitait poursuivre des études de médecine avant d’être placé sous surveillance électronique et confronté à la perspective d’une expulsion. Pour la parlementaire, la suppression du TPS haïtien comporte non seulement des conséquences économiques et sécuritaires, mais également un coût humain, psychologique et familial pour les communautés concernées.
« Nous honorons sa mémoire en faisant tout ce que nous pouvons pour sauver des vies et prolonger le TPS pour Haïti », a déclaré Pressley. Elle a ensuite interpellé directement la chambre haute : « La Chambre a déjà adopté notre texte, et le Sénat doit faire de même sans délai. »
La Chambre des représentants avait effectivement adopté en avril 2026 une législation visant à maintenir une protection temporaire pour les ressortissants haïtiens. Le texte, H.R. 1689, impose au secrétaire à la Sécurité intérieure de désigner Haïti au TPS pour une période de 18 mois. Pressley avait soutenu la procédure parlementaire ayant permis d’amener le projet au vote. Une proposition correspondante a ensuite été introduite au Sénat, mais Pressley affirme que cette chambre doit encore intervenir pour que la protection puisse être rétablie.
L’intervention du 3 septembre intervient quelques jours après une déclaration commune de Pressley et de la représentante Yvette Clarke, autre coprésidente du House Haiti Caucus. Le 31 août, les deux parlementaires avaient dénoncé les expulsions de ressortissants haïtiens et demandé au Sénat d’adopter immédiatement la législation. « Congress has the power to stop it », avaient-elles affirmé, soutenant que les expulsions de détenteurs haïtiens du TPS constituaient le prolongement d’une politique de traitement discriminatoire envers cette communauté.
Le cas de Pierre Damas Bel confère désormais une dimension humaine singulière à cette bataille législative. Selon son père et des responsables de la communauté haïtienne de Springfield, le jeune homme avait particulièrement mal vécu le port du bracelet GPS imposé par les autorités fédérales. Il avait exprimé publiquement un sentiment de honte et d’humiliation. Pressley a rappelé à la Chambre les derniers mots que son père lui aurait adressés : « Pierre, come home » — « Pierre, rentre à la maison ».
La parlementaire a conclu son intervention en estimant que Pierre Damas Bel aurait dû être encore vivant, poursuivre ses études, jouer au football et construire son avenir. Son décès devient ainsi, pour les défenseurs du TPS, un argument supplémentaire dans le contentieux politique et législatif qui oppose l’administration Trump aux élus réclamant le maintien d’une protection humanitaire pour les Haïtiens exposés à une éventuelle expulsion vers un pays toujours confronté à une grave crise sécuritaire et institutionnelle.
Source primaire : déclaration officielle d’Ayanna Pressley, Chambre des représentants, 3 septembre 2026. Transcript officiel et vidéo de l’intervention de Pressley

