Le Regroupement des intellectuels et professionnels haïtiens de la diaspora des Amériques et de l’Europe dénonce le traitement qu’il qualifie d’« inhumain et dégradant » réservé aux ressortissants haïtiens par l’administration américaine. Dans un communiqué publié le 6 septembre 2026, l’organisation critique particulièrement la révocation de plusieurs protections migratoires accordées à des Haïtiens après les séismes de 2010 et de 2021, ainsi que dans le cadre du programme de libération conditionnelle humanitaire instauré en 2022.
Selon le Regroupement, la remise en cause de ces dispositifs provoque une profonde inquiétude au sein de la communauté haïtienne établie aux États-Unis. L’organisation fait état de détresse psychologique, de familles vivant dans la peur des arrestations, de séparations forcées et d’une perte de stabilité pour des milliers de personnes ayant reconstruit leur vie sur le territoire américain. Elle souligne également que ces ressortissants ont contribué à l’économie du pays et à la vitalité sociale de leurs communautés d’accueil.
Face à cette situation, le Regroupement réclame un réexamen des accords bilatéraux entre Haïti et les États-Unis, le rétablissement des protections humanitaires — notamment le Statut de protection temporaire (TPS) — ainsi qu’un moratoire sur les expulsions vers Haïti. Il estime que l’insécurité, l’expansion des groupes armés et l’affaiblissement des services essentiels ne permettent pas de garantir aux personnes expulsées un retour digne et sécuritaire. L’organisation invoque également le principe international de non-refoulement, applicable lorsque la vie ou la sécurité d’une personne risque d’être menacée dans son pays de destination.
Le collectif appelle enfin l’Organisation des Nations unies, l’Organisation des États américains et la Communauté des Caraïbes à inscrire la situation des migrants haïtiens parmi leurs priorités et à encourager Washington à revoir sa politique. Il invite parallèlement la diaspora, les organisations de défense des droits humains ainsi que les responsables religieux et communautaires à se mobiliser pacifiquement. Pour les signataires Gérard Junior Mathieu, Mérilès Joseph, Robert Gessy et Jude Mary Cherisier, la défense de la dignité des ressortissants haïtiens exige désormais une action concertée, tant sur le plan national qu’international.
Guyno DUVERNE



