La détérioration de cet ouvrage pourrait ainsi accentuer l’isolement routier de plusieurs communes et perturber le transport interrégional de passagers et de marchandises. Les images posent aussi une question de responsabilité publique

DONDON, Haïti — Le Pont Limite, ouvrage situé sur l’axe Dondon–Saint-Raphaël et permettant de poursuivre vers les départements du Centre et de l’Artibonite, présente un état de dégradation préoccupant, selon les constatations effectuées sur place par un collaborateur de Rezo Nòdwès. Construit il y a plusieurs décennies, bien avant l’expansion démographique et économique de cette région du Nord, il demeure néanmoins un passage stratégique pour le transport interurbain et les échanges commerciaux.
Quelques jours auparavant, un camion transportant des marchandises s’était retrouvé immobilisé sur l’ouvrage après l’affaissement d’une partie de la structure. D’importantes manœuvres avaient été nécessaires pour dégager le poids lourd. Une partie de la cargaison avait chuté dans la rivière et avait été en grande partie perdue. Le véhicule a depuis été retiré et le Pont Limite est désormais dégagé, selon de nouvelles constatations effectuées sur les lieux.
L’incident rappelle une contrainte ancienne : le pont est particulièrement étroit. Deux camions ne peuvent s’y croiser et le passage simultané de deux véhicules peut également se révéler difficile selon leur gabarit. Les poids lourds doivent ainsi franchir l’ouvrage pratiquement à tour de rôle. Cette configuration, conçue pour les besoins routiers d’une autre époque, apparaît désormais inadaptée à l’intensification des déplacements et des échanges entre Dondon, Saint-Raphaël et les zones voisines.
L’état de l’ouvrage pose également la question de son intégrité structurelle, de sa capacité portante et de l’absence apparente de travaux majeurs d’élargissement ou de modernisation depuis plusieurs décennies. Les photographies montrent des éléments métalliques fortement altérés ainsi que des parties du tablier qui paraissent nécessiter une expertise technique approfondie. Seule une inspection d’ingénierie permettrait toutefois d’évaluer la résistance résiduelle de la structure et de déterminer les interventions requises.
Cet itinéraire a par ailleurs constitué l’un des passages empruntés par des autobus assurant la liaison Cap-Haïtien–Port-au-Prince, via Saint-Raphaël et les axes conduisant vers le Centre et l’Artibonite. La dégradation d’un ouvrage de cette importance est ainsi susceptible d’affecter la circulation des personnes, le transport des marchandises et l’activité économique de plusieurs communes.
photos: Pierre-Louis Joseph



