9 septembre 2026
Haïti | CEP : le poulain Peterson Pierre-Louis réussira-t-il là où son parrain Calixte Fleuridor avait échoué avec le HCT ?
Actualités Corruption Élections Flashback Insécurité|Kidnapping Société

Haïti | CEP : le poulain Peterson Pierre-Louis réussira-t-il là où son parrain Calixte Fleuridor avait échoué avec le HCT ?

PORT-AU-PRINCE, 9 septembre 2026 — De Calixte Fleuridor à Peterson Pierre-Louis, les institutions changent, mais une même promesse électorale traverse les transitions. En 2023, Fleuridor siégeait au Haut Conseil de la Transition (HCT) avec Mirlande Hyppolite Manigat et l’étudiant Laurent Saint-Cyr, sous le gouvernement de doublure d’Ariel Henry. Le HCT devait accompagner le retour à l’ordre constitutionnel, tandis que les autorités annonçaient sécurité, réformes institutionnelles et élections. Un forum national sur la sécurité fut notamment organisé les 23 et 24 mai 2023, avec en arrière-plan la nécessité de rétablir les conditions permettant le retour aux urnes. Trois ans plus tard, le constat historique demeure : aucune élection n’a été organisée sous cette architecture transitoire.

Calixte Fleuridor devait pourtant retrouver, en 2024, une influence directe sur la constitution du nouvel appareil électoral. Président de la Fédération protestante d’Haïti (FPH), l’ancien membre du HCT ex-nihilo défendit personnellement la sélection de Peterson Pierre-Louis comme représentant des Cultes réformés au CEP, malgré les objections du CONASPEH et de la COPAH.

Face à la contestation, le chef Fleuridor déclara que le dossier constituait une « page tournée » et un « chapitre fermé », qualifiant même ses contradicteurs de « mauvais perdants ». La FPH maintint donc Pierre-Louis, dont la nomination fut ensuite consacrée par l’arrêté du 19 septembre 2024. Deux ans plus tard, le poulain de Calixte Fleuridor se retrouve à la tête même du CEP, chargé d’accomplir la mission électorale que son parrain n’avait pu mener à terme lorsqu’il siégeait au HCT.

Le protégé politique d’hier se retrouve désormais devant l’épreuve que son puissant défenseur n’avait pas franchie au HCT : conduire Haïti jusqu’aux urnes. Après Patrick Saint-Hilaire puis Jacques Desrosiers, Peterson Pierre-Louis devient en septembre 2026 le troisième président du même CEP en moins de deux ans. Or l’équation institutionnelle s’est encore compliquée : insécurité persistante, territoires échappant à l’autorité effective de l’État, inscriptions électorales insuffisantes, défiance envers le Conseil et calendrier du 13 décembre 2026 fortement contesté. À cela s’ajoute le projet référendaire, confronté à l’article 284-3 de la Constitution de 1987, qui interdit expressément toute consultation populaire destinée à modifier la Constitution par référendum.

L’histoire politique place ainsi Peterson Pierre-Louis devant une ironie institutionnelle difficile à évacuer : réussira-t-il précisément là où Calixte Fleuridor avait échoué ? Fleuridor avait appartenu à un HCT conçu pour accompagner une transition devant conduire au rétablissement des institutions électives ; son mandat s’est achevé sans élections. Il a ensuite défendu avec vigueur l’entrée de Peterson Pierre-Louis au CEP.

Aujourd’hui, son choix de 2024 préside l’institution électorale elle-même. Après près de dix années sans renouvellement national par les urnes, Pierre-Louis donnera-t-il enfin aux Haïtiens des élections libres, inclusives, territorialement accessibles et juridiquement défendables ? Ou le « poulain » de Fleuridor héritera-t-il finalement du même bilan que son parrain : beaucoup de transition, beaucoup de discours électoraux, mais toujours aucune transmission effective du pouvoir au suffrage populaire ?

cba

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

Ce site utilise Akismet pour réduire les indésirables. En savoir plus sur la façon dont les données de vos commentaires sont traitées.