Mikis Theodorakis, né sur l’île de Chios le 29 juillet 1925 et originaire de Galatas, Chania, sur l’île de Crète, du côté de son père, et de la ville côtière de Cesme, en Asie mineure, du côté de sa mère, est, de par la qualité de son œuvre et le rayonnement international de son nom, peut-être la figure de proue de la culture grecque et certainement de la musique grecque depuis la création de l’État grec le 3 février 1830, avec le Protocole de Londres.
Mikis Theodorakis a été actif dans de nombreux genres musicaux. Il convient toutefois de souligner qu’il s’est également consacré à la musique classique, composant des symphonies, des opéras, des ballets, des oratorios, de la musique de chambre et des pièces pour piano solo.
Il a également composé le rythme grec le plus internationalement reconnu, le syrtaki, pour le film « Zorba le Grec » (1964), basé sur le roman « La Vie et l’État d’Alexis Zorba» du grand écrivain grec Nikos Kazantzakis, et réalisé par Michael Cacoyannis, avec Anthony Quinn, Alan Bates et Irene Pappas.
La mise en musique de poèmes constitue également une facette majeure de son œuvre ; il puisait en effet dans les écrits de grands auteurs pour composer ses chansons. Il a notamment mis en musique les textes du Chilien Pablo Neruda (prix Nobel de littérature en 1971), ainsi que ceux des grands poètes hellènes : Giorgos Séféris (prix Nobel en 1963), Odysseas Elytis (prix Nobel en 1979), Yiannis Ritsos (prix Lénine pour la paix en 1976) και Kostas Varnalis (prix Lénine pour la paix en 1959).
Outre « Zorba le Grec », il a également signé la bande originale de plusieurs films célèbres, tels que « Phèdre » (1962), avec Anthony Perkins et Melina Mercouri, ou encore « Serpico » (1973), avec Al Pacino.
En 1970, il reçoit le BAFTA de la meilleure musique de film pour « Z », une œuvre adaptée du roman éponyme de l’écrivain Vassilis Vassilikos. Réalisé par Costas-Gavras et tourné en Algérie, ce long-métrage à succès remporte deux Oscars (meilleur film en langue étrangère et meilleur montage) et met en vedette Yves Montand, Jean-Louis Trintignant et Irène Pappas. Quelques années plus tard, en 1983, Mikis Theodorakis est à son tour distingué par le prix Lénine pour la paix.
Ses compositions ont été interprétées par des artistes de renommée internationale, parmi lesquels les Beatles, Shirley Bassey, Joan Baez et Édith Piaf.
Parallèlement à sa carrière artistique, Mikis Theodorakis mena une vie d’engagements politiques, de résistance et d’activisme, exerçant notamment les fonctions de député et de ministre. Durant l’occupation allemande de la Grèce, il s’engagea dans les rangs de la résistance au sein de l’ELAS et de l’organisation de jeunesse EPON. En juillet 1947, il fut arrêté et exilé sur l’île d’Ikaria. Plus tard, suite au coup d’État du 21 avril 1967, il fut de nouveau emprisonné par la dictature des colonels. Ardent défenseur de la paix et de la fraternité entre les peuples, il contribua activement aux mouvements pacifiques grecs et internationaux. Il s’éteignit à Athènes le 2 septembre 2021, à l’âge de 96 ans.
À l’occasion du centenaire de sa naissance, j’ai décidé d’écrire un poème intitulé « Hymne à Mikis Theodorakis », afin de rendre hommage à ce géant de la culture hellénique et figure majeure de la musique mondiale. Ce poème a été mis en musique par Nikos Karagiannis et Nadia Karagianni, qui en assurent également l’interprétation.
Interprétation: Nadia Karagianni-Nikos Karagiannis
Musique: Nikos Karagiannis-Nadia Karagianni
Paroles: Isidoros Karderinis
Création vidéo: Nikos Karagiannis
Hymne à Mikis Theodorakis
Ô grand créateur grec,
Dans les cieux de notre planète, ton nom résonne.
Tel un aigle sous le soleil éclatant de ton trône,
Il s’élance et sculpte tes pas.
Sur les plages d’Homère au sable blond, tu es né,
Berce doucement par la mer Égée.
Et des mouettes d’un blanc immaculé, telles des notes de musique,
S’envolent de ton cœur vaillant.
Dans les ténèbres épaisses de l’Occupation,
Tu as fièrement dressé ta silhouette rayonnante,
Et la juste cause de notre peuple, durant ces années sombres,
A fleuri dans tes chants majestueux.
Les rochers noirs de l’exil saignaient abondamment
De tes nobles rêves de liberté.
Tes paroles résonnaient, puissantes trompettes de la paix
Jusque dans les profondeurs du monde.

*Isidoros Karderinis, journaliste, correspondant à l’étranger accrédité par le ministère des Affaires étrangères de Grèce, membre de l’Association des correspondants de la presse étrangère en Grèce, romancier, poète et parolier. Ses articles et ses reportages ont été publiés dans 130 pays. Facebook: Karderinis Isidoros

