La raison du plus fort est toujours la meilleure :
Nous l’allons montrer encore une fois.
Un Loup, nommé Fils-Aimé, plein de ruse et d’audace, S’était allié aux Loups de l’Oligarchie
Et à la meute Viktwa, pour tenir le pouvoir.
Trois Agneaux, Lavalas, OPL et EDE,
Tremblants mais intéressés, vinrent à sa rencontre.
« Seigneur Loup, dirent-ils, nous chanterons pour vous. Soutenons vos projets, même les plus hardis :
Référendum interdit, dérives, forfaitures…
Tout ce que vous voudrez, nous le justifierons.
Donnez-nous seulement un peu d’herbe à brouter
Quand le pouvoir sera bien entre vos griffes. »
Le Loup sourit, montra les dents, et répondit :
« Chantez, mes chers Agneaux, chantez de toutes vos forces. Votre zèle m’est utile… pour l’instant. »
Ils chantèrent donc fort, défendirent l’indéfendable,
Applaudirent le 13 décembre contesté,
Où le Loup et sa meute raflèrent tous les postes.
Quand vint le moment de partager le butin,
Les Agneaux s’avancèrent, naïfs, le cœur confiant.
Mais le Loup, d’un ton glacial, leur déclara :
« Que venez-vous chercher ici, pauvres niais ?
Vous avez chanté pour moi, c’est vrai…
Mais vous n’étiez que des instruments.
Maintenant que j’ai tout, votre voix m’ennuie.
Allez paître ailleurs, ou plutôt…
Je n’ai plus besoin de vous. Disparaissez. »
Et sans plus de cérémonie,
Le Loup et sa meute se partagèrent seuls
Les gras pâturages du pouvoir,
Tandis que les trois Agneaux,
Honnis, abandonnés,
Restèrent à ravaler leur honte
Et à contempler le festin dont on les avait exclus.
Morale
Qui s’allie au Loup en se croyant partenaire
N’est qu’un Agneau qu’on utilise, puis qu’on dévore
Ou, pire encore, qu’on jette au fossé Dès que la curée est terminée. Chanter trop fort pour le plus fort Ne protège jamais de sa gueule.

