19 août 2026
L’adjudication dominicaine du 18-19 août 2026 – Viettel/Natcom s’impose, le projet  pan-insulaire bascule, et Port-au-Prince était déjà informé 
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L’adjudication dominicaine du 18-19 août 2026 – Viettel/Natcom s’impose, le projet  pan-insulaire bascule, et Port-au-Prince était déjà informé 

Le 19 août 2026, les médias dominicains (Ensegundos, DiarioDigitalRD, Noticias SIN, El  Nacional, Panorama, etc.) ont largement relayé la décision unanime du Consejo Directivo de  l’Indotel (Résolution 73-2026). L’ouverture des offres économiques, fixée au 18 août dans le  cadre de la Licitación Pública Internacional LPI-001-2026, a abouti à une adjudication claire  et rapide. 

Les résultats tels que rapportés par la presse dominicaine 

Viettel (via sa future filiale locale) obtient 240 MHz pour une concession de 20  ans

– 40 MHz dans la bande 700 MHz, 

– 100 MHz dans la bande 2,3 GHz, 

– 100 MHz dans la bande 3,6 GHz.  

Claro Dominicana obtient 20 MHz uniquement dans la bande 700 MHz, pour la  durée restante de sa concession actuelle (environ 15 ans).  

• Les 30 MHz de la bande AWS ont été déclarés déserts : aucune offre n’a été  présentée. 

Selon l’Indotel, seules ces deux entreprises ont franchi avec succès les étapes légale,  technique et économique. Viettel devra constituer une société de droit dominicain pour être  titulaire des licences. Les adjudicataires disposent de 90 jours pour signer les contrats ou  avenants. Jusqu’à 30 % des paiements pourront être convertis en « obligations de faire »  (projets de développement). Certaines sources évoquent une compensation globale autour de  120 millions de dollars pour l’État dominicain et un investissement potentiel de Viettel  pouvant atteindre 500 millions de dollars. 

Ces résultats marquent l’entrée officielle d’un quatrième opérateur mobile en République  dominicaine et confirment le renforcement de Claro sur la bande basse cruciale pour la  couverture rurale. 

Retour sur nos analyses  

Dès juin 2026, nous avions placé cette adjudication au cœur de ce que nous appelions les «  trois temps d’attente » qui décideraient de l’avenir des télécoms sur l’île d’Haïti. Dans notre article du 26 juin (« Les trois temps d’attente qui décideront de l’avenir des télécoms sur l’île  d’Haïti »), dans ce média haïtien nous soulignons deux visions concurrentes et largement  incompatibles : 

1. La vision Claro / América Móvil : renforcer d’abord sa position dominante en  République dominicaine (notamment via le 700 MHz), puis entrer  

progressivement en Haïti pour construire un opérateur pan-insulaire à dominante  mexicaine.  

2. La vision Viettel / Natcom : une intégration rapide et déjà très avancée des deux  côtés de la frontière, capitalisant sur la présence de Natcom en Haïti et l’arrivée  massive de Viettel en République dominicaine.

Nous estimions que le résultat de l’Indotel serait décisif. Une large victoire de Viettel  renforcerait considérablement l’option d’un opérateur Viettel/Natcom déjà implanté des deux  côtés. C’est exactement ce qui s’est produit. Les analyses antérieures (avril et juin 2026)  avaient également exploré l’idée d’un « seul opérateur pour toute l’île », en interrogeant le  rôle possible du gouvernement de transition d’Alix Didier Fils-Aimé dans la facilitation ou  l’orientation de ces dynamiques régionales. 

Le projet d’opérateur pan-insulaire : rappel des grandes lignes 

Le projet d’un opérateur capable d’opérer de manière coordonnée sur l’ensemble d’Hispaniola  repose sur deux options principales, largement débattues depuis le début de 2026 : 

Option Viettel : Natcom (déjà présente en Haïti avec 60 % de capital vietnamien)  + nouvelle entité Viettel Dominicana, avec un investissement annoncé de  plusieurs centaines de millions de dollars. Cette option mise sur une intégration  rapide, une couverture rurale agressive et une synergie transfrontalière.  

Option Claro : renforcement en République dominicaine suivi d’une entrée  progressive en Haïti (création d’une Claro Haïti), en s’appuyant sur la puissance  d’América Móvil et sur d’éventuels appuis politiques et réglementaires des deux  côtés. 

Ces deux options ont progressé en parallèle, avec des points de contact et de collaboration  implicites ou explicites avec le gouvernement de transition dirigé par le Premier ministre Alix  Didier Fils-Aimé. Les analyses ont régulièrement souligné que Santo Domingo et Port-au Prince n’étaient pas de simples spectateurs, mais des acteurs qui pouvaient orienter, faciliter  ou freiner l’émergence d’un leader pan-insulaire. 

Le rapprochement avec la rencontre du 18 août à Port-au-Prince 

Le même jour que l’ouverture des offres économiques à Santo Domingo (18 août 2026), le  ministre haïtien des Travaux publics, Transports et Communications (TPTC), l’ingénieur  Joseph Almathe Pierre Louis, a reçu une délégation de Natcom conduite par son Président Directeur général, Nguyen Cong Thang. 

Selon le communiqué du MTPTC, les échanges ont porté sur le partenariat de 15 ans entre  Natcom et l’État haïtien, les ambitions d’innovation technologique de la compagnie, le  renouvellement de sa franchise douanière (échéance fin 2026), et un plan stratégique  d’investissement sur quatre ans. Le ministre a rappelé l’obligation de respecter les procédures  et a relayé les préoccupations de la population sur la couverture et la qualité de service. 

Il est difficile de croire à une simple coïncidence de calendrier. Alors que les enveloppes  économiques s’ouvraient à l’Indotel, le responsable de Natcom (filiale de Viettel) rencontrait  le ministre de tutelle des télécommunications du gouvernement Fils-Aimé. Tout indique que  cette audience a permis d’annoncer en privé, ou du moins de confirmer de manière anticipée,  les résultats favorables à Viettel, avant même leur publication officielle le lendemain. Le  gouvernement de transition était donc informé en temps réel de l’avancée décisive de l’option  Viettel/Natcom sur le volet dominicain du projet pan-insulaire.

L’adjudication du 18-19 août 2026 constitue une victoire nette de Viettel/Natcom en  République dominicaine et un tournant dans la course à l’opérateur pan-insulaire. Les  analyses qui avaient anticipé l’importance stratégique de ce résultat, se trouvent largement  confirmées. La rencontre simultanée entre le ministre des TPTC et le PDG de Natcom montre  que Port-au-Prince n’a pas été pris de court : le gouvernement Fils-Aimé a été tenu informé en  temps réel. 

L’île d’Hispaniola entre désormais dans une phase où la concurrence entre les deux visions  (Viettel d’un côté, Claro de l’autre) se durcit, avec des implications directes pour le marché  haïtien, la souveraineté numérique et l’équilibre régional des télécommunications. 

M.M.

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