10 août 2026
États-Unis | CNN : bracelets électroniques, arrestations et pertes d’emploi, la nouvelle réalité de nombreux Haïtiens après la fin du TPS
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États-Unis | CNN : bracelets électroniques, arrestations et pertes d’emploi, la nouvelle réalité de nombreux Haïtiens après la fin du TPS

WASHINGTON, 10 août 2026 — Bracelets électroniques imposés lors de rendez-vous avec les services d’immigration, arrestations, permis de travail expirés et emplois perdus : plusieurs communautés haïtiennes aux États-Unis sont entrées dans une période de profonde incertitude depuis la fin des protections accordées au titre du Temporary Protected Status (TPS), rapporte CNN dans une enquête publiée ce week-end.

Selon CNN, cette nouvelle situation affecte des Haïtiens établis depuis plusieurs années aux États-Unis et qui bénéficiaient jusque-là d’une autorisation légale de travail. Le média cite notamment le cas d’une infirmière de 29 ans, installée à Boston, contrainte de prendre un congé après l’expiration de son permis de travail. Employée depuis huit ans dans l’un des principaux établissements hospitaliers de la ville, elle affirme désormais rester chez elle par crainte d’une intervention des agents de l’Immigration and Customs Enforcement (ICE).

À Springfield, dans l’Ohio, où vit une importante communauté haïtienne, des centaines de personnes auraient reçu des convocations du Department of Homeland Security (DHS) leur demandant de se présenter aux autorités fédérales. Vilès Dorsainvil, cofondateur et directeur exécutif du Haitian Community Help and Support Center, affirme à CNN que plusieurs personnes ayant répondu à ces convocations sont ressorties des bureaux de l’ICE munies d’un bracelet électronique permettant aux autorités de suivre leurs déplacements.

L’un des cas documentés concerne Monsanto Maler, arrivé aux États-Unis en 2023. Selon CNN, l’homme s’est effondré en larmes après avoir quitté un bureau de l’ICE à Blue Ash, dans l’Ohio, avec un dispositif électronique fixé à la cheville. Les bracelets sont utilisés dans le cadre du programme fédéral d’« alternatives à la détention », destiné à assurer le suivi de certaines personnes faisant l’objet de procédures migratoires.

Les témoignages recueillis par CNN font également état d’interpellations dans plusieurs États. Guerline Jozef, directrice exécutive de Haitian Bridge Alliance, indique que son organisation a reçu des signalements concernant des proches détenus en Arizona, en Californie, dans l’Indiana et dans le Maryland. Certaines personnes auraient été interceptées alors qu’elles circulaient en voiture.

À Salisbury, dans le Maryland, la situation provoque également de fortes inquiétudes. Dr Marie D. Fouché, fondatrice et directrice exécutive de Safe Harbor Circles, affirme que des personnes auraient été arrêtées dans la rue ou dans des lieux publics. Des véhicules auraient même été retrouvés abandonnés dans des stations-service, moteur encore allumé, après des interventions des services d’immigration.

L’administration fédérale soutient pour sa part que le TPS constitue, par définition, une protection temporaire. Interrogé par CNN au sujet des convocations et des bracelets électroniques, un porte-parole du DHS a rappelé l’existence du programme de départ volontaire mis en place par l’administration Trump, qui propose notamment une aide financière et un billet d’avion aux personnes acceptant de quitter les États-Unis.

CNN rapporte par ailleurs que les conséquences dépassent désormais le seul champ migratoire. Rebecca Shi, directrice exécutive de l’American Business Immigration Coalition, affirme que certaines entreprises ont perdu une part significative de leur personnel haïtien. Un complexe hôtelier de Floride aurait perdu plus de 150 employés, tandis qu’un centre pour personnes âgées du Massachusetts aurait perdu plus de 50 travailleurs.

Dans le secteur de la santé, certaines maisons de retraite envisageraient même de fermer temporairement des unités faute de personnel suffisant. Les employés demeurés en poste doivent absorber une charge de travail supplémentaire, selon l’organisation patronale citée par CNN.

À New York également, les effets deviennent perceptibles. À Cambria Heights, dans le Queens, David Duchatellier, propriétaire d’une agence de voyages proposant également des services de transfert d’argent, affirme constater une diminution importante de la fréquentation. Des Haïtiens resteraient davantage chez eux, certains parce qu’ils ne travaillent plus, d’autres par crainte d’être interpellés.

Cette situation intervient après plusieurs décisions judiciaires ayant permis à l’administration Trump de poursuivre la suppression des protections temporaires accordées aux ressortissants haïtiens. Selon CNN, environ 350 000 Haïtiens sont concernés par la disparition du TPS et se trouvent désormais confrontés, selon leur situation migratoire individuelle, au risque de détention ou d’éloignement du territoire.

Les autorités fédérales n’ont toutefois pas publié de bilan détaillé permettant d’établir combien d’anciens bénéficiaires haïtiens du TPS ont été arrêtés depuis la fin du programme. CNN indique également qu’à la date de son enquête, les organisations suivant les vols d’expulsion n’avaient pas recensé de vol à destination d’Haïti au cours des deux semaines précédentes.

Pour plusieurs familles, la fin du TPS produit ainsi une rupture immédiate : perte du droit au travail pour certaines personnes, convocations de l’ICE, surveillance électronique et incertitude quant aux procédures à venir. Elle ouvre parallèlement une interrogation économique plus large aux États-Unis, particulièrement dans les secteurs de la santé, de l’hôtellerie, de l’agriculture, de la construction et des services, où la main-d’œuvre haïtienne occupe depuis plusieurs années une place importante.

Source : CNN, enquête de Catherine E. Shoichet, août 2026.

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