14 juillet 2026
Moïse Jean-Charles et Alix Didier Fils-Aimé : deux visages d’une même faillite politique
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Moïse Jean-Charles et Alix Didier Fils-Aimé : deux visages d’une même faillite politique

Par Reynoldson Mompoint

Port-au-Prince, le 14 juillet 2026

Quand le spectacle politique remplace le salut national

Haïti brûle.

Les groupes armés imposent leur loi. Des milliers de familles fuient leurs maisons. L’économie s’effondre. Les institutions perdent chaque jour un peu plus de leur crédibilité.

Et pendant que la nation s’enfonce dans l’abîme, une nouvelle scène du théâtre politique se joue : d’un côté, un opposant qui promet une nouvelle démonstration de force dans la rue ; de l’autre, un pouvoir qui répond par une convocation judiciaire.

Le peuple, lui, attend toujours des réponses à ses véritables souffrances.

Moïse Jean-Charles : l’opposition de l’éternelle surenchère

Depuis des années, Moïse Jean-Charles s’est construit une identité politique autour de la rupture permanente. Chaque crise devient une tribune. Chaque tension nourrit un discours plus radical que le précédent.

Cette stratégie lui assure une visibilité constante, mais elle interroge sur sa capacité à proposer une alternative de gouvernement.

À force de privilégier la confrontation comme principal registre politique, le risque est de transformer la colère populaire en simple levier de mobilisation au service d’ambitions partisanes.

Une démocratie a besoin d’opposants déterminés. Elle a surtout besoin d’opposants capables d’offrir un cap, des institutions solides et une vision crédible de l’État.

Le pouvoir et la tentation de la justice à géométrie variable

La réaction du Parquet de Port-au-Prince soulève une autre question, tout aussi préoccupante.

Pourquoi certaines déclarations politiques semblent-elles susciter une réaction institutionnelle rapide, alors que tant de crimes graves restent sans réponse visible ?

Lorsque les citoyens perçoivent une différence de traitement entre les dossiers politiques et les violences qui frappent quotidiennement le pays, la confiance dans la justice s’érode.

L’État de droit ne se mesure pas à la rapidité avec laquelle il convoque un opposant, mais à sa capacité à poursuivre avec la même détermination tous ceux qui violent la loi.

Alix Didier Fils-Aimé face à l’épreuve du pouvoir

Le Premier ministre de facto Alix Didier Fils-Aimé est confronté à une crise d’une ampleur exceptionnelle.

Dans un tel contexte, toute décision susceptible d’être interprétée comme une réponse politique à la contestation mérite une vigilance particulière.

Un gouvernement gagne en légitimité lorsqu’il démontre que les institutions agissent de manière indépendante et impartiale, non lorsqu’il donne prise au soupçon que les mécanismes de l’État servent d’abord à contenir ses adversaires.

Deux stratégies, un même résultat

L’un mise sur la mobilisation permanente.

L’autre donne prise à l’accusation d’une utilisation politique des institutions.

L’un nourrit la polarisation.

L’autre risque d’alimenter la méfiance envers la justice.

Dans les deux cas, le débat public se détourne des priorités essentielles : la sécurité, la justice, l’économie, les services publics et la reconstruction de l’État.

Le peuple mérite mieux

Haïti n’a pas besoin d’une politique réduite à l’affrontement permanent.

Elle n’a pas davantage besoin d’institutions dont l’impartialité est mise en doute.

Le pays mérite des responsables capables d’accepter la contradiction, de respecter les règles de l’État de droit et de placer l’intérêt général au-dessus des calculs politiques.

À défaut, les crises se succéderont, les discours se durciront et les citoyens continueront de payer le prix des rivalités entre ceux qui aspirent au pouvoir et ceux qui l’exercent.

Reynoldson Mompoint

Avocat au Barreau de Mirebalais 

Communicateur Social

Journaliste

mompointreynoldson@gmail.com

+50937186284

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