En science électorale, un test effectué uniquement dans une zone relativement sécurisée ne saurait établir la validité nationale d’un processus.
Toute ressemblance avec des personnes existantes ou ayant existé serait purement fortuite.
Caméras en batterie, journalistes en état d’apesanteur, gardes du corps disposés comme les figurants d’un péplum institutionnel : Alix Didier Fils-Aimé a transformé son inscription électorale en expérience de laboratoire. Pétion-Ville sert d’éprouvette aseptisée, le CEP fournit le matériel administratif et la Primature rédige elle-même les conclusions. Le protocole comporte toutefois un vice méthodologique majeur : l’échantillon est soigneusement sélectionné afin d’obtenir le résultat politique recherché.
Pourquoi cette prétendue démonstration de participation populaire n’a-t-elle pas été reproduite à Cité Soleil, Gressier, Mirebalais, l’Arcahaie, L’Estère, Pont-Sondé ou Gros-Morne ? En science électorale, un test effectué uniquement dans une zone relativement sécurisée ne saurait établir la validité nationale d’un processus. Le Premier ministre expose une photographie de Pétion-Ville comme une radiographie de toute la République : falsification optique, biais de sélection et manipulation de l’échantillonnage.
Le scénario devient juridiquement toxique lorsque cette opération de communication sert de bande-annonce à un référendum constitutionnel. L’article 284-3 interdit strictement les élections générales visant à modifier la Constitution par référendum. L’affiche peut être brillante, le montage sophistiqué et la salle remplie de journalistes : une superproduction gouvernementale ne transforme pas un acte contra constitutionem en procédure licite.
Au ciné Prima, Fils-Aimé cumule donc les fonctions : acteur principal, réalisateur, monteur, producteur et critique de son propre film. Le peuple, lui, est prié d’applaudir avant même d’avoir lu le scénario constitutionnel. « Inscription sélective des électeurs » ressemble ainsi à une fiction expérimentale où Pétion-Ville tient lieu de pays, la propagande de preuve scientifique et la violation du droit de projet démocratique.
Simplement grotesque et triste pour un peuple qui a fait l’histoire le 7 février 1986 de revivre de telles grimaceries et de tels matraquages politiques !


