Lettre ouverte à Madame Raina Forbin, Ministre des Affaires Étrangères et des Cultes
Objet : La réalité d’Haïti ne se négocie pas dans les salons de l’ONU .
Madame la Ministre,
Le 20 juillet dernier, depuis la tribune des Nations Unies, vous avez dépeint une Haïti en voie de stabilisation, prête pour des élections et soutenue par des avancées sécuritaires visibles.
En tant que jeune leader haïtien, vivant et vibrant au rythme des souffrances de notre peuple, je me dois de vous répondre :
votre discours est en total décalage avec la réalité tragique de notre quotidien.
Là où vous voyez des « phases électorales bouclées », la jeunesse haïtienne voit des barrières invisibles dictées par la terreur.
Comment parler d’inscriptions sur les listes électorales quand circuler dans nos propres quartiers est un pari sur la vie ?
Comment espérer des scrutins crédibles sous le règne impuni des gangs armés qui contrôlent nos routes et séquestrent notre avenir ?
La vérité du terrain, Madame la Ministre, est que la Police Nationale d’Haïti, malgré le courage de ses agents, reste sous-équipée face à la férocité des réseaux criminels.
Le déploiement de forces internationales et les demandes répétées de renouvellement de mandats ne sauraient masquer l’absence d’une stratégie nationale souveraine, rigoureuse et transparente.
La sécurité ne se décrète pas à New York, elle se construit à Port-au-Prince, dans l’Artibonite, et dans chaque section communale délaissée.
Notre génération refuse d’être le public passif de rapports diplomatiques lissés.
Nous exigeons une gouvernance de vérité.
Le redressement d’Haïti ne passera pas par des promesses de façade à la communauté internationale, mais par des actions concrètes pour libérer nos territoires, restaurer l’autorité de l’État et intégrer la société civile et la jeunesse au cœur des décisions.
Il est temps de regarder la réalité en face pour mieux la combattre.
Le peuple haïtien n’attend plus des discours rassurants, il exige de la dignité, de la justice et une sécurité réelle.
Veuillez agréer, Madame la Ministre, l’expression de ma vigilance citoyenne.
Max Johnsley Gaspard
Jeune Leader Haïtien

