20 juillet 2026
Le CEP de Desrosiers et Antoine a validé le Parti Bouclier dont l’un des fondateurs serait nul autre que le Chef de gang Krisla  
Actualités Politique

Le CEP de Desrosiers et Antoine a validé le Parti Bouclier dont l’un des fondateurs serait nul autre que le Chef de gang Krisla  

Dans un pays où l’État de droit semble réduit à une peau de chagrin, le Conseil Électoral  Provisoire (CEP) dirigé par Jacques Desrosiers, avec Uder Antoine comme Directeur  Exécutif, vient de franchir une ligne rouge supplémentaire.  

En publiant la liste définitive des partis politiques agréés le 9 juillet 2026, le CEP a validé,  parmi les 316 formations retenues, le Parti Bouclier (Réseau du Bouclier national). 

Or, selon des informations récurrentes et troublantes, l’un des fondateurs ou acteurs clés de  cette structure serait nul autre que Krisla, chef de gang notoire de Carrefour, figure  emblématique de la violence armée qui gangrène la capitale et ses environs. 

Ce choix n’est pas une simple erreur administrative. Il s’agit d’un signal politique dangereux  qui interroge la crédibilité même du processus électoral haïtien. Comment un organe chargé  d’organiser des élections « inclusives, transparentes et démocratiques » peut-il agréer une  formation liée, de près ou de loin, à un individu accusé de diriger des activités criminelles ?  

Le CEP avait-il connaissance de ces allégations au moment de l’examen des dossiers ? Si oui,  pourquoi a-t-il fermé les yeux ? Si non, quelle est la qualité des vérifications effectuées sur les  fondateurs et dirigeants des partis ? 

L’interview récente de Jean-Pierre Bailly a jeté un éclairage cru sur cette réalité. L’activiste et  coordonnateur a révélé, ou du moins fortement suggéré, la possible participation de Krisla ou  de ses proches aux prochaines échéances électorales. Sans calendrier clair fixé par le Premier  

Ministre Fils-Aimé, ni garanties minimales de sécurité, on s’achemine vers des élections où  des acteurs armés pourraient légitimer leur pouvoir par les urnes. Bailly a posé les bonnes  questions : comment espérer un scrutin crédible quand des chefs de gang peuvent s’acheter  une respectabilité politique via des partis agréés par l’institution électorale elle-même ?  

Ce cas Bouclier n’est probablement pas isolé. Combien d’autres partis parmi les 316 agréés  dissimulent-ils des liens avec le grand banditisme, les gangs ou des intérêts occultes ?  Combien de « fondateurs » aux casiers judiciaires chargés ou aux sources de financement  douteuses ont-ils reçu le tampon officiel du CEP ? 

Dans un contexte où plus de 300 formations se bousculent, souvent créées de toutes pièces  pour capter des financements ou des postes, la vigilance s’impose. Mais le CEP semble  privilégier la quantité à la qualité, l’inclusion formelle à l’exigence éthique. 

Jacques Desrosiers et Uder Antoine portent une lourde responsabilité. Leur mandat intervient  dans un moment critique : le peuple haïtien aspire à sortir de la transition chaotique, à  restaurer l’ordre républicain et à élire des dirigeants légitimes. En agréant des structures  potentiellement infiltrées par le crime organisé, le CEP risque non pas d’organiser des  élections, mais de légitimer la capture de l’État par les gangs. Demain, qui s’étonnera si  des députés ou sénateurs « élus » sous ces couleurs imposent leur loi depuis les quartiers  contrôlés par les armes ? 

Il est urgent que la société civile, les médias indépendants et les acteurs politiques sérieux  exigent une révision approfondie de la liste des partis agréés. 

Transparence totale sur les fondateurs, sources de financement et antécédents de chaque parti.  Audits indépendants. Et, si nécessaire, disqualification des formations compromises. Sans  cela, les élections promises ne seront qu’une mascarade coûteuse qui enfoncera davantage  Haïti dans l’abîme.

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

Ce site utilise Akismet pour réduire les indésirables. En savoir plus sur la façon dont les données de vos commentaires sont traitées.