Il aura fallu attendre la 106e minute d’un match cadenassé pour que l’Espagne fasse tomber le mur argentin. Ce dimanche 19 juillet 2026, au MetLife Stadium, la Roja a battu l’Argentine 1-0 après prolongation, décrochant la deuxième Coupe du monde de son histoire, seize ans après le sacre de 2010, et deux ans seulement après son titre continental à l’Euro 2024.
Un but libérateur signé Ferran Torres
Le scénario aura tenu en haleine 105 minutes durant. Sur un centre de Pedro Porro, Nico Williams a remis intelligemment le ballon de la tête en retrait pour Ferran Torres, qui n’a pas hésité à décocher une lourde frappe dans les filets. Un but arrivé juste au début de la seconde période de prolongation, après une longue balle bien ciblée par-dessus la défense argentine, suivie d’une course brillante de Nico Williams derrière la ligne défensive.
L’attaquant du FC Barcelone aurait même pu s’offrir un doublé quelques minutes plus tard, mais sa deuxième réalisation a été annulée pour hors-jeu à la 114e minute. Un premier but espagnol avait d’ailleurs déjà été refusé un peu plus tôt dans la partie : Nico Williams avait cru marquer, mais l’Espagne a vu ce but annulé après un contact jugé fautif de Mikel Merino sur Nicolas Otamendi juste avant l’action.
Emiliano Martinez, rempart argentin jusqu’au bout
Le gardien argentin, déjà héros de la finale 2022 face à la France, a longtemps tenu tête aux assauts espagnols. Il s’est incliné après avoir réalisé une dizaine d’arrêts décisifs au cours de la rencontre. Dès l’entame, Lamine Yamal avait obtenu la plus grosse occasion espagnole de la première période, détournée non sans réussite par Martinez dès la 5e minute, avant que le portier argentin ne repousse également une frappe de Mikel Oyarzabal à la 39e minute. De son côté, Marc Cucurella avait lui aussi tenté sa chance sans trouver le cadre à la 43e minute.
Le match, disputé entre l’Argentine tenante du titre et l’Espagne championne d’Europe, n’a offert que peu de spectacle dans un premier temps, les deux équipes se montrant prudentes. Une prudence qui a fini par céder sous la pression continue de la Roja.
Un carton rouge qui change la physionomie du match
Le sort de la finale a aussi basculé avec l’expulsion d’Enzo Fernandez. Le milieu argentin a écopé d’un carton rouge après avoir fauché Pau Cubarsi, dans une fin de match totalement débridée où les deux équipes multipliaient les offensives d’un bout à l’autre du terrain. Réduite à dix, l’Albiceleste a semblé craquer psychologiquement après l’ouverture du score : plusieurs joueurs argentins ont baissé la tête, au bord du gouffre.
Dans les derniers instants, l’espoir argentin s’est même envolé sur une occasion manquée : sur un corner mal dégagé par Messi, le ballon est revenu à Giovanni Simeone, totalement déséquilibré, qui a complètement raté sa frappe.
Un choc générationnel et une finale sous haute tension politique
Cette finale avait des allures de passation de pouvoir. Lionel Messi, 39 ans, disputait potentiellement le dernier match de sa carrière en Coupe du monde, face au jeune prodige espagnol Lamine Yamal, 19 ans, en quête de son premier sacre mondial. L’événement avait par ailleurs rassemblé les dirigeants des trois pays organisateurs : le président américain Donald Trump, la présidente mexicaine Claudia Sheinbaum et le premier ministre canadien Mark Carney étaient présents au MetLife Stadium.
Cette 23e édition du Mondial restera dans l’histoire à plusieurs titres : il s’agissait de la première édition à réunir 48 sélections et à se dérouler dans trois pays hôtes — le Canada, les États-Unis et le Mexique, un tournoi qui s’est achevé après 39 jours et 104 matchs.
Une Argentine coutumière des fins de match héroïques
Le parcours de l’Albiceleste jusqu’à la finale avait été marqué par un scénario récurrent. Les hommes de Lionel Scaloni avaient inscrit neuf de leurs onze buts en phase à élimination directe à partir de la 79e minute de jeu, un scénario répété à chaque tour pour se défaire successivement du Cap-Vert, de l’Égypte, de la Suisse et de l’Angleterre. Cette fois, la magie des fins de match n’aura pas suffi face à une Roja irréprochable dans le contrôle du jeu.
L’Espagne, nouvelle référence mondiale
Avec ce succès, la Roja confirme sa place de meilleure sélection du monde, seize ans après son premier sacre planétaire en 2010 face aux Pays-Bas, et deux ans après avoir dominé l’Euro 2024. Luis de la Fuente signe ainsi un doublé continental-mondial rarissime, porté par une génération emmenée par Lamine Yamal, Ferran Torres, Nico Williams et Pedro Porro.
Pour l’Argentine, l’espoir d’un doublé Coupe du monde inédit depuis le Brésil de 1962 s’évanouit, quatre ans après le sacre de Lionel Messi au Qatar. Une désillusion amère pour une génération dorée, qui referme peut-être, à New York, l’un des plus beaux chapitres de son histoire.

