24 juin 2026
Patrick Pélissier : l’homme qui préside à l’effacement de la Justice
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Patrick Pélissier : l’homme qui préside à l’effacement de la Justice

Par Reynoldson Mompoint

Port-au-Prince, le 24 juin 2026

Un ministère debout, une autorité à genoux

L’histoire est parfois impitoyable. Elle ne juge pas les hommes sur leurs diplômes, leurs titres ou leurs discours. Elle les juge sur les résultats. Et si l’histoire devait déjà se prononcer sur le passage de Patrick Pélissier au Ministère de la Justice et de la Sécurité Publique, son verdict risquerait d’être sans appel : jamais un ministre n’aura autant incarné l’impuissance d’un État en décomposition. Le pays brûle. La peur règne. Les citoyens fuient. L’autorité publique recule.

Et au sommet du ministère censé défendre l’ordre républicain siège un responsable dont la présence paraît produire moins d’effets que son absence.

Le ministre de la Justice d’une justice fantôme

Patrick Pélissier dirige théoriquement l’institution chargée de garantir l’application des lois.

Mais de quelle justice parle-t-on ? De celle qui peine à fonctionner ? De celle qui manque de moyens ? De celle qui voit l’impunité prospérer pendant que les criminels défient ouvertement l’État ? Le paradoxe est terrible. Plus le pays a besoin de justice, moins celle-ci paraît capable de s’imposer. Plus l’État a besoin d’autorité, moins cette autorité semble perceptible. Le ministère existe. Le ministre existe. Les problèmes, eux aussi, existent. Ce qui manque entre les deux, ce sont les résultats.

Au CSPN, la stratégie invisible

Patrick Pélissier siège au Conseil Supérieur de la Police Nationale. Autrement dit, il participe au cœur même de la réflexion stratégique sur la sécurité nationale. Pourtant, le citoyen ordinaire observe un spectacle désolant : l’État paraît continuellement dépassé par les événements.

Les groupes armés prennent l’initiative. L’État répond. Les groupes armés frappent. L’État constate. Les groupes armés avancent. L’État promet. Rarement l’écart entre les responsabilités théoriques et les résultats concrets aura été aussi spectaculaire.

Un ministère réduit à commenter ses propres échecs

Le drame de cette administration est qu’elle semble avoir abandonné l’idée même de contrôler les événements. Elle les décrit. Elle les déplore. Elle les condamne. Elle les annonce parfois après coup. Mais gouverner ne consiste pas à commenter les catastrophes. Gouverner consiste à les empêcher.

Un ministère de la Justice n’est pas un centre d’observation du chaos. Il est censé être l’un des instruments de sa maîtrise.

L’effondrement normalisé

Le plus inquiétant n’est peut-être pas l’ampleur de la crise. Le plus inquiétant est la banalisation de cette crise. 

À force d’échecs répétés, l’anormal devient normal. L’insécurité devient une habitude. L’impuissance devient une méthode. L’absence de résultats devient une routine administrative. Et le ministère semble s’accommoder de ce glissement progressif vers l’inacceptable.

Le poids d’un bilan

Patrick Pélissier a hérité d’une situation difficile. Personne ne peut sérieusement le nier. Mais les circonstances atténuantes ne peuvent pas devenir un refuge permanent. Les grandes crises révèlent les grands dirigeants. Elles révèlent aussi les limites de ceux qui les affrontent. Aujourd’hui, le bilan qui se dessine est celui d’un ministère incapable de convaincre qu’il maîtrise son secteur, d’un membre du CSPN incapable de rassurer la population sur la trajectoire sécuritaire du pays et d’un pouvoir qui semble courir derrière une réalité qu’il ne contrôle plus.

L’histoire retiendra peut-être que Patrick Pélissier n’a pas créé la crise. Mais elle pourrait retenir également qu’il n’a jamais réussi à faire croire qu’il était capable de la combattre. Et pour un ministre de la Justice, il n’existe guère de jugement politique plus sévère.

Reynoldson Mompoint

Avocat au Barreau de Mirebalais

Communicateur Social

Journaliste

mompointreynoldson@gmail.com

+50937186284

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