L’explosion de l’intelligence artificielle (IA) pourrait entraîner un doublement de la consommation d’eau et d’énergie des centres de données d’ici 2030, faisant peser une menace croissante sur les ressources naturelles mondiales, selon un rapport publié jeudi par Organisation des Nations Unies.
L’étude de l’Institut pour l’eau, l’environnement et la santé de l’ONU souligne que la demande liée aux technologies d’IA transforme rapidement l’empreinte environnementale du secteur numérique. Les centres de données, qui alimentent les systèmes d’IA, ont consommé environ 4.500 milliards de litres d’eau et 448 térawattheures d’électricité en 2025, soit davantage que la consommation annuelle de certains États.
Selon les auteurs, les besoins en eau douce pourraient atteindre jusqu’à neuf milliards de mètres cubes par an à l’horizon 2030, l’équivalent des besoins annuels de 1,3 milliard de personnes en Afrique subsaharienne. Cette eau est principalement utilisée pour refroidir les serveurs informatiques par évaporation.
Sur le plan énergétique, la consommation des centres de données devrait grimper à 945 TWh d’ici 2030, près du triple du niveau observé en 2023. Le rapport note que l’entraînement de modèles avancés, comme ceux développés par OpenAI, nécessite d’importantes quantités d’électricité.
« L’IA n’est pas seulement un logiciel. Elle repose sur des infrastructures physiques, des réseaux électriques et des systèmes de refroidissement », a souligné Kaveh Madani.
Face à cette croissance rapide, l’ONU appelle à une gouvernance mondiale de l’IA fondée sur la transparence, l’efficacité énergétique et l’utilisation durable des ressources afin de limiter les impacts environnementaux d’un marché qui pourrait atteindre près de 5.000 milliards de dollars d’ici 2033.

