Dans un contexte marqué par l’insécurité, les difficultés économiques et les nombreuses failles du système éducatif haïtien, le Mouvement de Prière pour Haïti (MPH) a organisé, le dimanche 7 juin 2026, un atelier virtuel autour du thème « Les avantages de l’éducation tout au long de la vie ». Réunissant des participants venus d’Haïti, des États-Unis, du Canada et de la France, cette initiative visait à sensibiliser les citoyens sur l’importance de l’apprentissage continu comme outil de transformation personnelle et collective. Bien au-delà d’un simple webinaire, cette activité a permis de mettre en lumière le rôle de la formation dans la reconstruction du pays.
À travers leurs différentes interventions, les responsables du MPH ont insisté sur la nécessité de lier foi, connaissance et engagement citoyen. Le coordonnateur général du mouvement, Jean Ricot Dormeus, a rappelé que prier pour Haïti ne suffit pas sans une volonté réelle de se former et d’acquérir de nouvelles compétences capables de répondre aux défis actuels. Selon lui, l’éducation permanente représente une responsabilité spirituelle, sociale et nationale. Le coordonnateur de la commission de promotion de l’éducation, Whedley Beautélus, a également salué l’engagement des participants tout en soulignant que l’apprentissage exige discipline, persévérance et esprit de service.
L’atelier a également bénéficié de l’intervention du professeur Jacques Yvon Pierre, spécialiste haïtien de l’éducation formelle et non formelle, fort de plus de vingt-cinq années d’expérience dans le domaine éducatif. Durant sa présentation, il a démontré que l’éducation tout au long de la vie constitue un levier essentiel pour renforcer les compétences professionnelles, améliorer les conditions de vie et favoriser l’autonomie des citoyens. Il a notamment expliqué que dans un pays où les opportunités d’emploi demeurent limitées, la formation continue peut aider les jeunes et les adultes à développer des compétences pratiques dans les domaines du numérique, de l’entrepreneuriat, de l’agriculture ou encore de la gestion communautaire.
L’un des moments les plus marquants de la rencontre reste l’intervention de Madame Amilia Alcema, cofondatrice de Hope Behavioral Health and Services à Washington D.C., qui a partagé son parcours personnel d’immigrante haïtienne ayant su transformer les obstacles en opportunités grâce à l’apprentissage continu. Son appel lancé aux participants — « Ki plan nou pou Ayiti ? » — a suscité une profonde réflexion sur la responsabilité de chaque citoyen envers l’avenir du pays. À travers cette activité, le MPH entend promouvoir une culture de formation continue capable de transformer les familles, les communautés et la société haïtienne dans son ensemble.
Guyno DUVERNE


